Comparez Esaïe vu
temps aura pu avoir raison de sa colère : on lui rapporte qu'Esaû s'avance à sa rencontre, à la tête de quatre cents hommes. Jacob a recours à Dieu dans sa détresse; si Dieu est pour lui, tout, en définitive, ira bien. Mais voici que Dieu lui-même est contre lui.' Il ne sait pas d'abord qui est Tétrange assaillant auquel il oppose pendant toute une nuit les mille ressources de son inépuisable adresse. Ses yeux s'ouvrent quand son adversaire, le touchant du doigt, le réduit en un instant à l'impuissance. Alors, à bout de forces et d'artifices, il attache ses deux bras au cou de celui en qui il a reconnu une manifestation de Dieu, et, confessant sa faiblesse absolue, il triomphe dans sa défaite même : « Je ne te laisserai pas aller que tu ne m'aies béni ! )>
Est-il permis de voir dans cette lutte mystérieuse la représentation symbolique de l'agonie d'une âme que la conscience des fautes commises jette, à l'heure du péril, dans une suprême angoisse? Peut-être est-ce interpréter cette vieille page, d'une façon trop spiritualiste^ Jacob se débattrait longuement sous la terrible étreinte du Dieu qui s'attaque à lui. — Tu as ravi à ton frère la bénédiction paternelle ! — Elle était