‹ Nouvelles esquisses de philosophie critique [microform]Chapitre 15 sur 30 · SiJieleenlh Ccniunj^ avril 1887. p · texte numérisé non relu

SiJieleenlh Ccniunj^ avril 1887. p

inconciliable avec la loi de la conservation de la force, telle qu'elle se présente dans le domaine des sciences physiques? C'est que celte loi se présente sous un faux aspect. La matière, n'existant pas en réalité, ne peut pas être, comme le dit Huxley, « le véhicule ou le substralum de l'énergie ». Au contraire, l'action de notre volonté est parfaitement conciliable avec la loi de la conservation de la force telle qu'elle doit être réellement entendue et qu'elle existe réellement ; car c'est le même principe qui produit l'action de notre volunté sur les corps apparents et l'action apparente de ces corps les uns sur les autres. Notre volonté ne possède pas plus qu'une autre cause individuelle une puissance propre ou intrinsèque de produire des effets, et ne peut par conséquent porter aucune atteinte à la loi de la conservation de la force. On dira peut-être qu'à ce point de vue notre volonté n'est pas plus une cause véritable qu'elle ne l'est au point de vue des sciences physiques; mais, en fait, il y a entre ces deux points de vue une différence fondamentale. Si le principe de toute action était l'énergie contenue dans le mouvement d'un monde matériel, notre volonté ne serait en aucun sens la cause, l'antécédent nécessaire des effets que nous lui attribuons, parce que ces effets auraient alors d'autres antécédents, différents et indépendants de notre volonté qui ne ferait que les accompagner inutilement; tandis qu'au point de vue de la réalité vraie, notre volonté, quoique ne possédant en soi aucune puissance intrinsèque d'agir, n'en est pas moins la cause, l'antécédent nécessaire de tous les effets voulus. Car tous ces effets se produisent uniquement en conséquence de nos volitions, bien loin d'en être indépendants.

Une difficulté tout aussi insurmontable pour les sciences physiques se présente quand il s'agit d'expliquer l'action de notre corps sur nos sensations et nos autres déterminations intérieures; mais nous n'avons pas à nous en occuper ici. Comme je l'ai déjà remarqué, le sujet connaissant est, au point de vue des sciences physiques, la chose la plus inutile et la plus embarrassante du monde, parce qu'il ne se laisse ni absorber dans son corps, ni éliminer du monde des corps. 11 est, peut-on dire, comme une épine dans le liane de ces sciences. Mais quand on comprend ce que les choses sont en réalité, celte difficulté disparait. C'est, il est vrai, pour faire place à d'autres difficultés qui, si elles sont, en effet, insurmontables elles-mêmes, proviennent du moins, non d'une simple apparence, mais du fait même d'une réalité ou d'une existence anormale.

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