‹ Nouvelles esquisses de philosophie critique [microform]Chapitre 8 sur 30 · SECONDE PRÉFACE · texte numérisé non relu

SECONDE PRÉFACE

Le but essentiel de cette publication est d'élucider le principe sur lequel reposent la distinction du vrai et du faux et celle du bien et du

mal.

On comprendra aisément que si ce principe était établi, l'humanité aurait atteint le dernier terme de son développement intellectuel. On lit dans la Bible que le premier homme a mangé le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal dans l'espoir de devenir parla régal des dieux. La connaissance ou la distinction entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux ne rend pas l'homme égal aux dieux, mais elle Télèvc au-dessus de ranimalilc, en général, au-dessus de la nature physique, et le fait en quelque sorte participer à la nature divine. Distinguer le vrai du faux, et le bien du mal, c'est juger suivant une norme rationnelle, c'est faire acte d'être raisonnable et moral, supérieur à tout ce qui est simplement physique. Mais quelle est celte norme, quel est le fondement de tous les jugements logiques et moraux, voilà ce que Ton n'a pas découvert jusqu'à présent. Ne semble-t-il pas surprenant, à première vue, qu'une connaissance si importante et dont les commencements remontent aux temps préhistoriques ne soit pas parvenue à son entier développement jusqu'à nos jours? Que dis-je, il s'est même produit de nos jours un recul sous ce rapport; les progrès des sciences physiques ne contribuent-ils pas à faireoublier et méconnaître aux hommes leur supériorité sur la nature physique? La tendance qui prévaut de plus en plus aujourd'hui est de considérer l'homme comme un simple animal ou comme une machine.

1. Celle préface, que l'auleur a écrite peu de temps avant sa mort, était destinée à remplacer la première; nous avons cru cependant devoir les reproduire i: toutes les deux. H. C.

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