I.'l-XI'<>SITIO> niî CHIKNS 'VJ
ft'iidrc rallie! nn.-'i ! on;i ! (»ii;î I où! on! où! Il no trouve pas (|iir ra aillo assez bien, et il se mol tout ilebout, los pattes do dovaiU ap|iuyées sur le bord de sa boxe, le museau allonge verticalement. Excellente attitude pour- donner un libre cours à sa douleur; l'elVet est prudiirieux, au point ({u'un moment j'ai cru voir passer Vut de poitrine de Tamberlick. C'est un jeune braque nuirron, un (li'vlassé de la nature : des poumons de chien de meute dans un corps de chien d'arrêt. Et peut-être, avec cela, si du moins j'en juge par sa voix et son timbre, l'june d'un ténor.
C'est ici le clan des c[»agneuls. Toujours les premiers en tout, en beauté comme en bonté, en raison comme en esprit. Ils comprennent l'aiïaire ; ils savent pourquoi ils sont là ; et ce ne peut être (jue pour leur bien, puisque c'est leur mTiître qui les a attachés dans cette cage. Aussi voyez comme ils sont calmes et souriants ! En voilà même un qui a une distraction fort agréable : au fond de sa loge s'ouvre une grande fenêtre, et il regarde passer les voitures, les promeneurs, les cavaliers et les amazones sur le boulevard de l'Impératrice. Notez que c'est un épagncul allemand; pour un étranger, n'est-ce pas bien agréable? Et quand il aurait pris des voitures à l'heure tous les jours depuis un mois, aurait-il vu le quart de ce qu'il voit de i^a fenêtre, sans se déranger?
Crrrrac! crrrr! crrrraci crrrr! crrrrac! Comment? Un ara? Voilà qui bouleverse toutes mes idées en histoire naturelle. Je suis très sûr que l'ara ne fait pas partie de la race canine ; mais quelque récente découverte l'aurait-il fait classer dans la grande tribu des félins? Dans la crainte de passer pour un imbécile, je m'abstiens prudemment de me renseigner sur ce j)oint.
Au surplus cet ara est dépareillé. C'est un oiseau qui n'a de valeur que quand il est monté.
Cela se monte sur flircassiennc. A\ez-vous jamais vu le portrait d'un ara sans qu'il y ait une Circassienne dessous pour le porter? Et même il est de règle que l'artiste doit toujours saisir le monuMit ou la Circassienne se fait donner des baisers par l'ara, ct> que je trouve agaeant au possible.
36 l'i-xposition de niiKxs.
Non, ce j^raiid volatile bariolé ne me tente pas. Il a toujours l'air de perdre l'équilibre sur son porcboir. Je ne comprends pas qu'il y ait des gens pour acheter une bète qui, pendant cinquante ans, va vous répéter continuellement : Crrrrac ! crrrr! crrrrac! crrrrac ! crrrr! Moi, j'en de\iendrais fou.
Un monsieur très bien et un monsieur très mal qui causent avec animation devant une boxe où se tient, dans la pose de l'attention la plus vive, un jeune braque de belle espérance. Il regarde alternativement les deux interlocuteurs; il grille d'en\ie de parler, il n'ose pas. Situation difficile pour un chien délicat comme lui : on négocie la cession de sa personne moyennant une juste et préalable indemnité. Il a bien envie d'être vendu, parce qu'il y gagnera la liberté et une position assurée : d'un autre côté, il a des obligations au marchand qui l'a très bien soigné dans sa maladie, et qui même, à ses moments perdus, lui cherche les puces. Faut-il [»rondre le parti de l'acheteur ou le parti du marchand ?
Ma foi ! il n'y tient plus, et le voilà qui jappe à l'un, aboie à l'autre, et fait si bien par ses bons offices que l'accord se fait et que le marché se conclut. Demain il entre en condition « chez un riche seigneur », autant que j'en puis juger par la tournure du monsieur très bien.
Oh! les jolis petits toutous naissants! Trois amours de bébés, patauds, roulants, trébuchants, miaulants, adorables ! C'est propre, c'est rose, c'est innocent, ça baigne dans l'auréole lumineuse qui argenté les petites tètes d'enfants naissants. Pauvres chéris! Pouiï! les voilà (jui tombent les uns sur les autres et qui dorment comme des petites souris.
[.'enf.mce du chien, voyez-vous, c'est l'aurore d'un beau jour!
En voilà un (jui fait une scène, et quelle scène ! Il tape du pied, il bondit, il s'élance contre le grillage, il jure, il sacre comme un païen. A-t-il l'air furieux! J'essaie de lui parler : Ah bien oui! Il me répond dos sottises. Quelle éducation, bon Dieu!