I.E I.I\HI .lAl'ONMS HA
in crtrnso, rsl un clicr-d'dMix ic ; clicl-d'nMn rc aussi, l'iiit<M"n»j<;iloiie. Il y ;i l;i une liguro tic juj^'L'd'iiislruclion des plus cuiii'usfs : sans riiabiloté de co nia.uislnit, les inculpés cchîippaitMit, ctr'auiail été j,'i-and douimage, car nous n'aurions pas ou le l'éeit du supplice.
Le supplice! Cest là que l'œuvre s'élève à des hauteurs vcrti- ;,'ineuses. Avec un râteau, un trident, une espèce d'araignée en fer, ennuanchés au bout de l()ngU(!S perches, on exécute sur la peau et dans les chairs du patient une série d'opérations à faire revenir un mort. Puis, lorsque tout son corps n'est plus (ju'une plaie, ou plutôt un hachis tenant à [leine aux (h'-hris de ses os fracassés en mille pièces, on empile toute cette pâte dans un jtot, on bouche en ne laissant qu'un trou pour passer la tête, on enduit le visage de miel pour attirer les mouches, et on pose le tout sur un échafaud en plein soleil.
Ainsi finit Mioxindono. Quanta Taïco-Sama, on la fait assister à toutes ces formalités judiciaires. On lui permet, jiendant (ju'on procède aux préparatifs de son supplice, d'aller faire quiîlques prières sur le pot de houiliii' oii la tète de son époux fait ses derniers glous-glous dans la chair pilée. Sa prière finie, on la livre au bourreau.
Au Japon, il est d'usage de sup[tlicicr les femmes et les enfants avec tous les ménagements et loiit<! la <lou(;eur possibles. L(! bourreau prend donc Taïco-Sama pai' la taille, l'entraîne tout doucement et en .souriant vers un banc de |)iern,' entouré de rigoles d'écoulement, et il la fait asseoir sur ses gen(ni\. Il lui défait sa coilVure, enroule autour d'une de ses mains les longs chmcux de la jeune fille, et j)renantde l'autn; main un (lelit couteau tranchant comme un rasoir d pointu connue une aiguille, il commence par lui couper délicatement les doigts des mains et des pieds phalange par [dialange, et il l'écorche et la désarticule ainsi méthodiquement jusrpi'à ii(' lui l.iis>>er qu<' la lélc et le Irunc A re moment
84 LE LIVRt JAPONAIS.
arrive un iiiessaj^fcr couvert de sueur et de poussière, annonr;uit que le taïcoun fait grâce de la vie à la belle coupable. Aussitôt on arrête le supplice, on la panse, on la rétablit.
Le dernier épisode, qu'on pourrait appeler l'apothéose morale de Taïco-Sania, est vraiment des plus saisissants. On lui demande ce qu'elle veut qu'on fasse de ce (ju'on lui a coupé :
— Qu'on le divise en morceaux, qu'on le pile aussi menu que j)Ossible, répond-elle, et qu'on le mette dans le même pot où on a mis le hachis qui fut mon adoré Mioxindono !
— Et que faut-il faire de vos restes ?
— Mon Dieu, puisque j'ai encore une tète pour comprendre et un cœur pour me repentir, je désire qu'on transporte mes restes dans un couvent de bonzes, où je ferai pénitence de mes péchés jusqu'à la fin de mes jours.
Ainsi finit le roman.
Je me suis donné beaucoup de peine, mais j'en suis bien récompensé par le plaisir de tant de diflîcultés vaincues. Je ne me dissimule pas combien mon travail peut laisser à désirer, mais le lecteur, j'espère, me saura gré de ma bonne volonté. Il faut un certain courage pour aborder la traduction d'un livre écrit en langue étrangère, surtout lorsqu'on ignore totalement cette langue. Mais ce qui m'a soutenu , et ce qui me donnait une pleine confiance dans la valeur de mon travail, c'est un principe sur lequel je m'appuie invariablement parce qu'il ne m'a jamais trompé. Ce principe c'est que : le sbul moyen de juger impartialement d'un livre est de ne pas le lire, parce que la lecture donne nécessairement des préventions.
p. -S. — Ce travail était écrit, composé, corrigé, lorsque, |)assaiil par hasard devant la boutique d'un marchand d'objets du