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l'iucuuibil huini bos!
L'évéiii.'m»'iil <|iit' je vais vous cuulei" niérilc, par son éu;mf,'<'ti'. nieneilleiist;, tl'èlre gravé sur les talilettes do l'Iiistoire.
Après avoir (iris un premier corps sous la forme d'une de ces nuées de cancans qui s'élèvent dans les petites villes à la suite de tout incident notable, le narré s'en est définitivement li\é en un récit exact, complet et authenti(|ue qui, après avoir plus d'une fois défrayé les conversations de tout le pays, est parvenu à mes oreilles un jour que je me trouvais de passage dans une petite ville que vous connaissez peut-être, et i|ui s'appelle Cerceau-la- Toupie : c'est à Cerceau- la-Toupie que le fait est arrivé.
Cette histoire est féconde en enseignements et fertile en émotions tour à tour douloureuses ou réjouissantes.
Mais ce n'est pas son seul mérite : sans parler de l'agrément que vous trouverez à vous instruire d'un fait (pie vous ne connaissez pas, elle renferme une grande leçon morale, car c'est la Providence qui l'a fait arriver.
M. L'Éclanclié, maître des cérémonies dos Pompes funèbres de première classe on retraite, et qui dans sa jeunesse avait été un sous-ofïicier distingué du corps des infirmiers militaires, occupait à Cerceau-la-Toupie, sur la place aux Oies, une maison qui faisait la joie de son propriétaire et l'ornement de la cité.
Celle maison était construite on 'A\o< blocs do locaillt-. .ivec de-
106 i.E noi.ri-.
encadreinculs de cotjuillagcs '.'t do madrépores aux fenêtres; ces fenêtres étaient en plein cintre, partagées par une colonne torse surmontée d'un chapiteau d'ordre toscan; une grande porte ogivale moyen-âge, ornée de niches où se dressait tout un peuple de petites statuettes, donnait accès dans cet étrange et merveilleux édifice, qu'on venait voir de dix lieues à la ronde.
M. L'ÉcIanclié, propriétaire et in\enteur de ce monument, était un de ces déclassés à rehours, oserai-je dire, que le sort se plaît à tirer tout à coup d'une condition médiocre pour les guinder inopinément à une hauteur de fortune où le vertige les étourdit complètement et les met dans l'inqxjssibilité absolue de jouir de leur bonheur. M. L'Éclanché , au retour d'un convoi de première classe où il avait répété pour la centième fois, avec ce sourire engageant que vous savez : « Messieurs , (|uand il vous fera plaisir », trouva chez lui un journal qui lui api)renait qu'il venait de gagner cent mille francs à la loterie.
Lorsqu'il se fut relevé de l'eiïroyable maladie que cette nouvelle lui avait causée, il prit sa retraite, vint s'établir à Cerccau-la- Toupie, son pays natal, et s'occupa de réaliseï- les rêves de toute sa vie : et il y en avait beaucoup.
D'abord, M. L'Éclanché qui, en sa ({ualilé d'ex-intirmier nnlitaire et d'employé aux Pompes funèbres, n'avait jamais nasigué, s'était épris d'une folle passion pour la mer et pour la marine. De plus, la fréquentation des malades et des cimetières lui avait inspiré un goùl très vif pour la science et pour les monuments. Enfin cette vie continuelle de représentation, en habit à la française, en culottes courtes, avec l'épée au côté et le chapeau s(tus le bras, dans les cérémonies funèbres, lui avait tlonné une j)oint(! d'ambition : à force de se frotter à des défunts de haut parage, il en était venu à désirer passionnément d'avoir, de son vivant, une place dans ce grand monde dont il ne connaissait que la dernière scène.
En arrivant à Cerceau-la-Toupie, il résolut donc de se poser en juarin, ni .irtisir, eu .savant, en hoinmi- de la haute société. A cet