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l'Iïol il coMimenra (i.ir ^c coii^lruiiv l't'S|M'C(.' ir;n|ii;iniiiii <|ii<' vdiis s;i\iv, on \ f'iicastrant litiilc t'sptu'o d'ui'iRMii(.'iils airliilccliiraiiv; [luis il lit lie son iulériciii' un \érilal)lo iiuisôc ou il ciilassa tout ce i|u'il |ml liiuivcr de vicill -lios dans h^ pays. Cola t'ait, il oiilro- |irit d'iiistalli'i- chez lui iiii appan'il (rf-closioii iinui' les |ioissons, uiio maj,Mi;iiiorio inodolo, et un syslôiiu' pdur l'ain; de la j^lacc. Il out dons son jardin un rochor à cascados, dos j(!ts d'oau avoc do petits lionslioninios (pii so soulenaionl au bout; il entreprit aussi d(! résoudre le problème de la direction des aérostats, ol oiilin il lui arrivait parfois de dire :
— Il faudra |)ouitanl bien ((ue je voie un peu à la quadrature du cercle, quand j'aurai le temps !
De tout cola il résultait (|ue la maison de M. L'Eclancbé était du haut en bas un véritable fouillis d'objets de toutes sortes et de tontes formes, où l'on ne pouvait fain; un pas sans s(; beurU.'r ou s'accrocher à qiKdque objet encomi)rant ou fragile.
La pièce principale, colle (|u'babitait de préférence M. J.'Kclauché ot <|u'il appi'Iait Valclier, était situéi; au second, vis-à-vis de l'arrivée d'un escalier très large, dont la cagi; était carrée, avec des paliers à tous les angles. Cet escalier, tout en pierre, ouvrait au fond du \<'>ti!mle, lequel donnait sur la pla(;e par un large perron de trois marches.
Le 17 septembre 184o, à une heure et demie « de relevée », M. L'Éclancbt'! était dans son atelier, occupé à transvaser ou à tourmenter de petits poissons qui venaient d'éclore dans son appareil de pisciculture, lorsfju'un coup violent fut frappé à sa porte. Sans se retourner, incliné qu'il était sur ses petits [joissons, il dit :
— Entrez!
L'H pas e.xtraordinairemenl lourd retentit; M. L'Eclancbé, croyant avoir afiaire à un paysan, et tout occupe de ses poissons, dit au survenant, toujours sans tourner la tète :
— Qu'est-ce ipii' vous voulez?
— Mnmnnnddibb! ! ! un bouglemi-nl opiiu\ant.ible lit irendiler
108 LE BOELF.
loutc la maison, et rinlurtuné M. L'Echmclié, se retournanl. vil devant lui, debout, le mufle allongé jusqu'à le toucher, un hœul!
Oui, un bœuf! Trois cents kilogrammes de viande sur pied, avec la peau, les os, le suif, les issues, tout, et plein de vie et de santé! Un article de boucherie, une pièce de bétail, un immeuble par destination!
Une invraisemblance, une impossibilité, un cauchemar, un épouvantoment !
Et M. L'Eclanché porta la main à son front, et ses jambes se dérobèrent sous lui, et il s'affaissa sur une chaise, et ses bras tombèrent le long de son corps, et sa tète s'inclina sur sa poitrine.
Alors le bœuf, levant la tète au plafond, se remit à faire :
— Mmmmmhhhh ! ! !
Puis, baissant la tète, il flaira M. L'Eclanché sous le nez.
Alors, comme si ce souiïle redoutable lui avait rendu la vie, M. L'Eclanché se détendit à la manière d'un ressort, et se trouva lancé, le corps à moitié hors de la fenêtre, les bras en croix, et il cria ;
— Au secours !
Considérez, je vous prie, avant d'aller plus loin, combien était étrange et digne de sympathie la situation de l'honorable M. L'Eclanché. Certes la vie, comme chacun en est d'accord, est pleine de maux et de misères; et ce n'était pas un homme comme M. L'Eclanché, un honune qui avait tant de fois vu la mort de si près, qui aurait pu se faire illusion sur l'instabilité des choses humaines. Mais il y a des événements, cv.xix de l'ordre normal, qu'on [)eut prévoir et dont on peut supporter le poids : tandis (ju'il y en a d'autres, ceux de l'ordre phénoménal, auxquels on ne doit pas s'attendre, et qui nous renversent infailliblement sous leur choc imprévu. La chute d'un bœuf vivant au beau milieu d'une chambre, au second étage, au moment où un citoyen laborieux et éclairé se livre à l'élude de la pisciculture, est évidemment ot au premier chef un é\énement de l'ordre phénoménal.
Maison se ()n'tM|iit;mt a la tViiôtiv, M. L'Kolaiiclic \il iiiic aiiliv scène faite pour lucUre le comble à son épouvante, i.a place au\ Oies Ja()uelle est très petiti', comme vous savez, et dont les avemies S(mt fort ('Iroites, les rues de ('erceau-la-Toupie n'ayant },'uère plus de deux mètres de larj,'eur), cette place, dis-je, entièrement bourrée d'un troupeau de bonifs se bousculant, se montant les uns sur les autres et poussant d'alFreux beu},^iements, ii'ollVail à l'œil (|u'QDe surface houleuse de croupes et d'écbincs bérissée de cornes et de queues, oii l'on voyait surgir et plonger tour à tour la tète et les pattes de devant d'un b<euf à cheval sur la croupe d'un de ses congénères; celui-là retombait, un autre s'élevait, et pendant ce temps une partie du troupeau, formant tète de colonne, avait envahi le perron de la maison L'Éclanché, et cherchait à en fttrcer le passage pour iié-nétrer dans l'escalier à la suite du liieuf ijui fait le sujet principal de cette histoire. Deux, des toudicurs do bœufs étaient sur le seuil de la porte et faisaient un moulinet liéri>H|UC et désespéré pour repousser les assaillants.
A cetti' vue M. L'Éclanché perdit subiten)ent la voix et les jambes, et se ployant en deux sur le bord de la fenêtre, la tète en bas et les bras pendants, il y demeura dans l'attitude misi'-rable d'un polichinelle i-n disponlliilitc. En même temps apparurent à toutes les fenêtres de la place des créatures de sexe et d'âge variés, qui se penchaient au dehors, les bras en croix, les yeux ccarquillé's, la bouche ouverte, connue des prédicateurs, et <jui criaient à tue-tête.
Ce premier tableau dura peu. En quelques minutes tout Cerceau-la-Toupie était sur pied et se dirigeait vers la place aux Oies. On n'y j)ouvait pénétrer à cause des bœufs, et des collo(|ues s'étaient engagés entre les gens des fenêtres et les survenants, à l'effet de savoir comment dégager la place, lorsque le marchand de bœufs, qui s't'iait attardé dans un cabaret du faubourg, arriva sur le lieu du tumulte.
A l'aide do quelques personnes, il ne tarda pas à débrouiller cet écheveau de cornes et de ((ueues, et le troupeau, caluK' et remis