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M""^' LKCog, montrant h' ]ilttf()Hil Vnilà (luiirlaiil un plalond i]uo j'ai vu faiiv !
M""" PETRIS. Je crois iiu'il est sorti : il altoiid son inspecteur, qui doit arriver aujourd'hui. Le connaissez-vous? C'est un lioninie, oh ! tout ce qu'on peut voir de plus distinpjué. Ma foi, ils sont bien ensemble, et quand ils se promènent tous deux sur le Champ de Foire, on dirait deux princes.
M™*' LECOQ. Conuuent! il attend d'être nonuué inspecteur? Mais il faut qu'il soit d'abord vérificateur. A propos, est-il rentré?
M"* PEVRCS. Mes cocons? Je vous demande bien pardon, chère madame; je n'y étais pas du tout, mais du tout! Je croyais que vous me parliez de mon locataire.
M"^ i.ECOQ. Croiriez-vous que l'autre dimanche, parce qu'il était arrivé cinq minutes en retard à la messe, la femme du maire le regardait avec un air de mépris?
M""" PEYRUS. Mon vert-de-gris? Je vous demande bien pardon, chère madame. Je n'y étais pas du tout, du tout : je croyais que vous me parliez de mes cocons. J'espère en avoir pour cinquante francs à la fin de l'hiver. J'ai mis des plaques dans le petit cellier là à côté, parce (|uo j'ai rélléchi que je pouvais mettre mes provisions dans l'office.
Ici les deux bonnes dames, excitées par ce petit caquetage préliminaire, s'assirent l'une vis-à-vis de l'autre, déployèrent leur ouvrage, et, les yeux baissés sur leur broderie, se mirent à parler toutes deux à la fois, d'où résulta le duo ci-après, que.je transcris ^nns commentaire :
j,mc pEYRLs. Il esl bieu certain (ju'il n'est pas possible de voir M""" LECOQ. Vous savez bien, François, le messager pour Carun plus saint homme (|ue M. le curé : Monseigneur le lui a bien signy? Il paraît (ju'il est du dernier bien avec la cuisinière du dit devant tout le monde le jour de la tournée pastorale : « Mon -lUs-préfet. Il lui a vu faire un gâteau au riz à la crème et à la . lier abbé, recueillez en ce beau jour le fruit de vos soins pour ces
148 LES DEUX VIEILLES D.VMES SOUnDES.
confiture de groseille , avec des fruits confits haches et de l'angérhers enfants : je vous bénis avec eux, et toute votre paroisse. » liquc, que c'est à se lécher les doigts. Aussi j'ai pris la recette (Elle pleure.) Mon Dieu! qu'il est bon et qu'il a l'air distingué, par écrit, et je l'ai chargé de m'acheter deux quarterons de fruits Monseigneur ! Et quelle bienveillance ! Quand on lui a eu dit que confits assortis chez le pâtissier. Mon Dieu! je sais bien que je me j'étais la plus ancienne dame de la congrégation du Rosaire , prépare encore peut-être un déboire avec cette petite Louison : croyez-vous que Sa Grandeur a daigné me donner sa croix à mais que voulez-vous? Tenez, madame Peyrus, cette fille-là me baiser! Et concevez-vous que le soir, après dîner. Monseigneur ferait mourir de chagrin, si je n'avais pas mes serins : mais ces est entré chez moi pour visiter mes vers à soie et qu'il a daigné petites bêtes me consolent de tout. Il n'est pas possible d'être plus les bénir? Aussi vous avez vu quelle récolte. Et M. Jules, mon aimables et mieux élevés. Enfin il y a des jours qu'on croirait locataire, quelle tenue ! Croiriez-vous que Sa Grandeur n'avait qu'il ne leur manque que la parole! Aussi je veux leur acheter jamais vu travailler les vers h soie? M. Jules lui a tout expli<|ué, une cage toute neuve, à barreaux peints en vert : c'est beaucoup oh! oui, avec une politesse, avec une grâce! Enfin Monseigneur plus gai, ça leur rappelle leur pays, pauvres petits cliéris! Croyeza dit à M. le curé qu'il n'en revenait pas de voir un jeune homme vous que ça leur fasse beaucoup de peine d'être enfermés? Mais si bien élevé et qui sait si bien expliquer les vers. En passant quand on aime, madame Peyrus, on supporte tout, n'est-il pas
dans la cuisine, il a vu trois grands bocaux de vert-de-gris
vrai? et avec plaisir, encore! Ah! j'ai un nouveau plat
A ce moment, l'envie de rire, (|ue je com[)nmais depuis quelque temps, fut la plus forte. Je fis un mouvement qui me fit perdre l'équilibre, et je tombai lourdement du liant de la table.
J'i't.'iis monté «nr eetfe t;ilile. :iliii lii^ voir et d'entendre les deux
iiN iMi X VIEILLES DAMES SOUnbliS. 1 i'J
Mi'illi'.- (l;iiiu'S a tr.ivcrs une liic.inu' <iui iloiinail du ccllior dans la snllt' à maii.iîor.
Dans ma cliiilo, j'fntrninai Louisou, qui était aussi sur la table, laljle si étroilii <juo j'avais ét(' ()l)li;^'ô de la soutenir par la taille |M'ndant tout If temps que dura l(^ colloque des deux dames.
dette double cluilc entraîna mallieureusomonl un ellet qui nous t jiouvanta tous deux, par lu crainte des inlerprélalioiis fàclicuses auxquelles aurait pu donner lieu notre présence simultanée et prolongée dans ce cellier idjscur : cet eiïet fut que toutes les feuilles de cuivre déposées sur des tasseaux le long des murs tombèrent Il imitant lo fracas du tonnerre.
L'n moment se passa, moment bien court, mais pendant lequel toutes les conséquences de cet accident se déroulèrent a mes yeux avec la rapidité de l'éclair. Je vis Louisou désbonorée, ma réputation perdue, ma carrière compromise, Cerccau-la-Toupie scan- ' lise, M""^ Lecoq en fureur, M""= Peyrus en larmes...
M"® Peyrus leva la tête, et la tournant vers M"" Lecoq :
— Obère madame, lui dit-elle, est-ce qu'on n'a pas frappé?
— Je crois «jue oui, dit M""^ Lecoq.
M""" Peyrus posa son ouvrage, secoua son tablier, rajusta ses iques, et se tournant gracieuseiuent V(;rs la porte, elle dit en fai- ;iut une petite révérence :
— Entrez !