L ODE A LYDIE
LYDIE
Quanquam sidère pulchrior, Quoiqu'il soit plus beau que le ciel,
Ille est, tu lemor cortice, et improbo
Lui, toi, plus léger que le liége, et plus cruel Tracimdior Hadriâ, Que l'Adriatique orageuse ;
Tecum vivere amerri, tecum obeam libens.
jVvec toi seul je puis vivre et mourir heureuse '
IJ:S MUICHES.
Il n'est pas de créature si vile et si petite qui ne nous représente la bonté de Dieu.
{L'Imitation de J.-C.)
Un èlre aussi léger que le vont, aussi rapide que la pensée, aussi fugitif que le nuage; témoin inévitable de nos actions les plus secrètes; partout présent, dans la chaumière du plus pauvre homme et dans le palais des plus grands rois ; inséparable compagnon de l'homme, qu'il suit, comme le chien, sous toutes les latitudes et dans tous les climats; qui monte sur le cheval du guerrier, s'assied dans la chaise de poste du voyageur, s'embarque sur le vaisseau du marchand; qui est pour l'écolier un passetemps, pour l'homme grave un importun, pour le Brahme un fétiche, pour l'oiseau une proie; qu'on chasse de partout et qui partout revient sans se lasser; qui, dans son existence éphémère, se mêle à notre vie, partage nos repas, boit notre vin, couche dans notre lit, et parfois caresse notre femme; ce génie familier, ce sylphe, dont le bourdonnement anime notre demeure; qui est à l'appartement ce que l'oiseau est à la forêt; qui ne demande qu'à vivre, comme tant d'autres, sans rien prendre à l'homme que le rayon de soleil (ju'il dédaigne et les miettes qu'il laisse tomber de sa table : ce pauvre petit animal innocent qui n'a jamais fait de mal à personne et contre lequel on s'acharne si cruellement, la mouche, va enfin trouver un défenseur et un histori<'n.
loi LES MOUCHES.
Venez, pauvres petites bêtes : voltigez sans crainte autour de moi; promenez-vous sans façon sur mon papier et grimpez de mes doigts à ma plume. Regardez, furetez partout : pour vous je n'ai pas de secrets. Posez votre petite trompe partout où vous croirez trouver un de ces atomes de nourriture qui suffisent à votre frêle existence ; et pendant que je vous défends contre la m'échanceté des hommes, bourdonnez pour votre vieil ami l'humble petite chanson que le bon Dieu vous a enseignée.
Il n'y a rien de laid ni d'ennuyeux sur cette terre; la tristesse, l'horreur, l'ennui, le dégoût, ne sont pas dans ces mille créatures qui animent le monde : ils sont dans le cœur de l'homme, qui à certains jours les répand sur la nature, comme à d'autres, sans plus de raison, il se plaît à la parer de sa joie passagère.
Ne nous hâtons donc pas de condamner certains êtres à la réprobation : regardons -les plutôt avec respect, comme créés par la nature, qui sait mieux que nous le secret de la vie universelle. Et quand la morale et la philosophie nous exhortent à révérer dans la plus humble créature un miracle qui confond notre orgueilleuse intelligence, admirons, aimons tout ce qui a vie, et ne tuons pas : car « il faut que tout le monde vive ».
Soyons donc bienveillants pour ces petits compagnons de notre existence : s'ils nous suivent partout, si leur vie semble attachée à la nôtre, respectons ce lien mystérieux, et si grands que nous soyons auprès d'une mouche , nous nous convaincrons que ce « parasite », comme nous l'appelons, a comme nous un office à remplir dans la vie universelle, et que, plus fidèle peut-être que nous à ses devoirs, il les remplit du moins invariablement, nous donnant par là une leçon à sa manière.
La mouche, en effet, a un rôle dans le monde, et s'il faut s'étonner de quelque chose, c'est qu'on en ait pu douter un seul instant.
D'abord, comme tout ce qui a vie, elle est un des mill(^ acteurs