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([n'oii \\o lui avait jamais enliMidiic jiisqiio-là, parla do la ft'inino forte, ou |ilutôt, sur ce tlièuio trop souvent oublié, roucoula un vérilahle liyuiue uuiilial, graoiou.v couinie le chant de la Sulaniito mais heaucoiip plus ardent encore.
Ada, assise un peu en avant d(î Lewis et lui tournant le dos, ne cpiittait pas des yeux le jeune ministre, dont elle sentait le lonj,' re},'ard peser de plus en plus snr son front et le lirùlcr. l'eu à peu une sorte d'an^'oisse lui montait du cœur àlagor^'e; elle avait peur, elle sentait venir les larmes, lorsijue la grosse caisse de la « Continence and Virginity Préservation Society », qui lui aussi était sous l'empire d'une émotion toujours croissante, et qui, les yeux hors de la tête, ses jambes se dérobant sous lui, pleurant et bavant avec effusion, tournait à droite et à gau(;he sa face empourprée, ce musicien don--, incapable de réfréner plus longtemps son enthousiasme, eut conime une secousse électrique dans les deux bras, et s'écriant : « Fïip ! bip I burrah I » il donna dans son instrument deux coups de poings sous lesquels les deux peaux d'âne éclatèrent avec un bruit épouvantable. Son propre équilibre, déjà notablement compromis par son extrême émotion, ne put résister à cette secousse, et le musicien tomba en avant, précédé de la grosse caisse, qui, lui servant de rouleau, projeta son corps presque horizontalement dans les reins du photographe, lequel, en ce moment, la tète encapuchonnée sous la couverture de son api)areil, ]»réparait la pose de la présidente de la « Cœsarea Chastity League », vue de profd dans son panier. Le photographe ayant piqué une fête dans les jambes d'un des porteurs de banderole de l'autre société, les deux porteurs lâchèrent tout, et alors commença une mêlée d'autant plus inextricable que ceux qui y prenaient part, et qui — on dut bien ^e l'avouer alors — étaient dans
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un état de complète ébriété, ne savaient pas eux-mêmes s'ils se battaient, s'ils se défendaient, ou s'ils portaient secours à quelcfue inconnu emmêlé dans la pelote où ils se roulaient.
Cet incident, qui fit passer un immense éclat de rire à travers la gravité de l'auditoire, ne dura que quelques minutes. Les combattants, encore empêtrés dans les bannières, les hampes de drapeaux et les débris de l'appareil de photographie, furent poussés en masse sur la route, où ils continuèrent à se battre pendant plus d'une demi-heure sans que personne prît seulement la peine de les regarder ; et ce qu'il y eut de plus fort, c'est qu'aucun d'eux n'a jamais su pourquoi ils s'étaient battus.
Jonathan, que son exaltation rendait presque insensible à ce qui se passait devant lui, continua encore son sermon pendant quelques minutes et bientôt, épuisé de l'effort qu'il venait de faire, il finit par quelques paroles touchantes en souhaitant, à toutes les femmes qui l'écoutaient, une vie simple et la paix du cœur.
A six heures les derniers assistants quittaient le parc, et sauf l'agitation des serviteurs qui allaient et venaient pour remettre la maison en ordre, le manoir de Saint-Mary semblait avoir repris son calme accoutumé. Le dîner fut court, et Jonathan, alléguant sa grande fatigue, se retira de fort bonne heure.
Il était en prière dans sa chambre, lorsque sa porte s'ouvrit, et Lewis entra. A cette vue le ministre, pfile comme la mort, se leva droit, et courant se réfugier d'un air épouvanté dans la ruelle du lit, lui fit signe de s'en aller :
— Laissez-moi, au nom du (^iel, Lewis I Je vous en supplie, laissez-moi I
Il y avait dans ce cri quelque chose d'étrange, de déchi-
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lant, d'inconnu, et Lewis, comme si une apparition s'était tout ;\ coup dressée devant lui, l'esla imnioliile, éperdu.
— Lewis I répéta Jonathan, Lewis !
Lewis fil un pas : .loiialhan était à genoux, lui baisant les mains et les couvrant de pleurs.
— Mais vous voulez donc me rendre fou, dit Lewis se frappant le front de la main ; parlez I parlez I que se passet-il ?
— Lewis I Lewis I répétait son ami en sanglotant, pardonnez-moi de vous avoir trompé I
— Trompe I Vous me l'avouez donc I Ainsi, vous que j'aimais tant, vous que je ne puis encore ra'empôcher d'aimer, vous m'avez pris le cœur de ma fiancée ?
— C'était pour vous arracher à elle !
— M'arracher à elle ? Je ne comprends plus... Pourquoi ?
— l'ourquoi I Pourquoi, Lewis ? Mais regardez-moi donci Mais reconnaissez donc ce que je suis !
Et d'un mouvement subit, prenant la main de Lewis et la serrant sur son propre cœur :
— Parce que je t'aime I lui cria-t-ELLE !
Le lendemain, vers sept heures du matin, le révérend Jonathan , comme à son ordinaire, demanda un peu d'eau chaude pour se faire la barbe, et parut au déjeuner, rasé de frais ; du moins ses lèvres et son menton avaient comme de coutume une teinte azurée, et ses deux petits favoris étaient toujours à leur place.
Dans la journée, il reçut une lettre pressée qui l'appelait en Angleterre, et il partit le lendemain, prouieflant de rêve-