‹ Nouvelles et fantaisies humoristiquesChapitre 57 sur 92 · I.A CABINE ENCHANTÉE · texte numérisé non relu

I.A CABINE ENCHANTÉE

rieux se dirigea avec elle vers la cabine n" 13. Elle était si transportée qu'elle en avalait sa salive, de joie:

— Pauvres gens, disait-elle, savez-vous que c'est peutêtre un cas de galères ! Après ça, ma foi, tant pis pour eux. ! Maréville est perdu, (dit-elle au propriétaire des trois plus beaux chalets de la plage), s'il peut s'y passer impunément de tels scandales I

Un mouvement général de bras et de têtes dirigés vers le grand escalier du remblai annonça l'arrivée du maire. .

Bientôt on le vit paraître à gauche de cette ligne qu'il parcourut rapidement pour venir s'arrêter à quelques pas en avant de la cabine n" 13.

Jamais Maréville n'avait assisté aune pareille scène. Les curieux, ne gardant plus aucune mesure, formaient un demicercle et concentraient avidement leurs regards sur la porte où, dans quelques secondes, allait apparaître la victime dans tout l'éclat et dans toute la nudité du déshonneur et de la honte. C'était un de ces petits tableaux de mœurs où l'humanité se montre si lâche et si cruelle, qu'on lui tordrait le cou avec une douce joie!

Le maire fit alors un signe au garde-champêtre, et celuici, dépliant avec respect un paquet enveloppé de papier gris, en tira une échai-pe tricolore à franges d'argent que le maire passa derrière ses reins.

11 en ramenait les deux bouts pour les croiser, lorsqu'un petit bruit sec sortit de l'intérieur de la cabine.

C'était le verrou qu'on venait de tirer.

Le maire, excellent homme au fond, laissa tomber les deux bouts de son écharpe : le cœur lui manquait en pensant à la pauvre patiente dont le supplice allait commencer...

Une minute au moins se passa. On n'entendait plus que

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