‹ Nouvelles et fantaisies humoristiquesChapitre 61 sur 92 · LE MÊME, UN SOU, UNE MAIN · texte numérisé non relu

LE MÊME, UN SOU, UNE MAIN

LE SOU, tombant aux pieds d'Arthur- — Paf !

ARTHUR , machinalemeut. — DieU VOUS \0 reudc. (Se remetUint de sa

surprise.) Jc vcux dire : le diable vous emporte ! (n regarde de tous cfltés.) Quel est le mauvais plaisant qui se permet de ridiculiser de la sorte mes premiers essais dans le plus doux des

arts? ^U lève les yeux et aperçoit une main sortant de dessous le store d'une fenîtrc )

Ah ! ce coup vient de la main d'une femme ! Jc n'ai qu'un moyen de me venger, c'est de la mordre au cœur d'une passion folle. I*0S0nS I (H incline le bord de son chapoon sur son nez. saisit fiévreusement le manche de sa mandoline, tend uuciambi', serre un poinu' .«iir si iioilrino, cl regard'la foni'trc de l'air d'Ajax mciiarant le ricl )

LA MAIN, parlanlpjrgcsles — Callliez-VOU.-^. Nc VOUS pi'CSSL'Z

pas déjuger. Approchez-vous. Encore. Encore. Bien. (La maiu

hisse tomber aux pieJs d'Artliur ud œillet rouge. Il le ramasse et le baise.) AKTHru, le DCï eo l'air. — Je IllOIlle ? LA MAIN, exécutant le peste d'un soufflet. — llliperlineul I

ARTiuii. — (]e seni pour plus lard, alors?

lA MAIN. — Oui, mais de la i)rudeuce I

ARTiiuii. — r/estlaplus belle de mes qualités. Jenc crains rien, pane que je ne me risque jamais que quand je nc peux pas faire autrement.

LA M.VIN, faisant les petitcsjambcs qui courent. — Vite, SaUVCZ-VOUS.

ARTULR, loi envoyant une volée de baisers. A reVoir, UIOU ailge I

LA MAIN, rendant les baisers coup pour coup. A rCVOil', mOU doUX

seigneur !

ARTUUR, conrant à tontes jambes et se Tonrrant l'œillet dans la narine. — Je

reconnaîtrai cette main entre mille : elle porte au piUit doigt un riche btizoard.

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