‹ Nouvelles et fantaisies humoristiquesChapitre 65 sur 92 · LES MÊMES, RUFFIANO SACRIPANTI · texte numérisé non relu

LES MÊMES, RUFFIANO SACRIPANTI

SACRIPANT!, une espingole à la main. — Seigneur CaValicr, VOUS

avez déshonoré ma sœur.

ARTHUR. — Je vous crojais à lu cave.

SACRIPANT!, d'un Ion amer et nasillard. 11 y a temps pOUT tOUt. VoUS

allez l'épouser à l'instant.

ARTHUR. — .le n'ai jamais eu de goût pour le mariage. SACRIPANTI. — Alors il ne fallait pas la séduire. ARTHUR. — C'est elle qui m'a fait des avances.

SACRIPANTI. — Parce qu'elle vous aimait. (l"e couche en jonc.)

Mais puisque vous ne voulez pas l'épouser, faites votre prière

et préparez-vous à mourir, à moins que vous ne soyez disposé à réparer d'une autre manière le tort que vous avez fait à riionneur de la famille.

ARTHUR. — Vous voulcz de l'argent.

SACRiPANTi. — De l'argent I Pour qui me prenez-vous ? J'aimerais mieux vous tuer mille fois que de toucher des fonds soui-llés du déshonneur de ma race I (u pleure. Maîtrisant «on émotion.) Je désiro seulement que vous lui fassiez une petite dot pour qu'elle entre dans un couvent.

ARTHUR. — Si vous m'aviez dit ça...

SACRiPAisTi. — Ah ! il fallait prévenir le seigneur cavalier!

(A Annunziata, qui paraît être dans un état de complète prostration.) Celle-là est bicil

bonne I

ANNUNZIATA. — Hélas I

ARTHUR. — Combien est-ce?

SACRiPANTi. — Cent... cinquante francs...

ARTHUR. — Cent cinquante francs I Allons donc, ça ne vaut pas plus de cent francs I

SACRiPANTi. — J'ai plus de vingt-cinq francs de frais.

ARTHUR. — J'ai déjà donné deux francs à la bonne. C'est fort désagréable.

SACRIPANTI, lui tendant cordialement la main. — Bail I donneZ CCnt

francs. C'est parce c'est vous ; je le jure sur l'épée de mon père !

ARTHUR, comptant vingt écus à Sacripanti, et à part. — Singulier mélange d'honneur et d'abaissement! 0 Venise, toi qui fus reine de l'Adriatique, vois où sont descendus... tes descendants I

(Il sort.)

FANTAISIE VïÎMTIENNE 137

8C'i:!«E III

RUFFIANO SACRirA>TI, ANMNZIATA.

SACRIPAMI, prennjl U laiUe dADnuuziala. — Eli bicil , SOUpODS-

nous ?

ANMNZiATA. — Pus ciicoro , 111011 Iicaii cliavolino ; nous avons donc ouldié qu'à liuit heures et demie c'est le tour de

l'Angluis ? (EUle lai Upe snr la joue.)

(Le rideau tombe.)

•< Un jour peut-être, à la lueur de ma lanterne, tu verras toute la laideur des idoles que tu adores aujourd'hui... »

LABOULAYE, sous le pseudonyme de René Lefèvbe.

o En France, Italie et Pologne, Beaucoup d'esprit, peu de vergogne; En Pologne, France, Italie, On est sage après la folie; En Italie, Pologne et France, Moins de bonheur que d'espérance. »

LE MÊME. Paris en Amérique.

Ma foi, vivent los gens d'esprit et de cœur qui nous apprennent à voir clair dans nos intérêts, et qui, ayant sur nous la supériorité de regarder toutes choses à l'envers, nous dégrisent de l'admiration nigaude que nous avions pour notre propre pays !

C'est pourtant vrai que, jusqu'à la lecture de ce livre pétillant d'esprit, je n'étais qu'un idolâtre ! Que je fusse à Paris ou à Draguignan, à la ville ou à la campagne, à l'ombre ou au soleil, au lit ou à table, seul ou en compagnie, pourvu que je fusse en France, je ne cessais de répéter bêtement :

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