I.KS IM.AISIUS Itr VOYAGE
tout le corps, j'ai la tèto v\\ feu, je suis très oppressé. Ne pourricz-vous pas me procurer un mùdecin ?
i/aiueiu;iste. — Il y en a bien un de l'aulre côté de la montiignc, miis on n'iia pas le chercher à moins de vingt francs.
LE VOYAGEUR. — Prend-Il cher ?
l'aubergiste. — Trois francs, mais il se rattrape sur les remèdes qu'il vend.
LE VOYAGEUR. — Je donnerai les vin^'t francs. Envoyoz-le chercher.
LE FRÈRE DE l'aUBERGISTE , dans la pièce à côté, à hante voix. — Cc
voyageur paraît très dangereusement malade. Il faudrait peut-être écrire tout de suite à sa famille, car s'il venait à mourir ici ce serait bien désagréable pour nous.
l'aubergiste , entrant dans la chambre du voyagenr. On CSt parti
chercher le médecin. Faut pas vous inquiéter , ce ne sera rien. En attendant le médecin, voulez-vous qu'on aille vous chercher nn prôlre? La soupe est trempée, je vas vous en apporter une bonne assiettée, ça vous donnera de la force.
LE voyageur. — Merci , j'aimerais mieux un peu de tilleul.
l'aubergiste. — V en a pas ici. Nous ne sommes jamais malades, nous.
LE MÉDECIN, entrant — Eli bien, monsicur, qu'avez-vous ? C'est un refroidissement et une courbature. Je vais vous saigner, vous purger et vous faire vomir. Avant huit jours vous pourrez vous lever. Voici de l'ipécacuanha et de l'aloès. Prenez garde de ne pas prendre le vomitif pour vous purger et le purgatif pour vous faire vomir. Je reviendrai vous voir trois fois par jour. J'espère que je vous sauverai. Si je
pouvais vous donner un huin de vapeur je répondrais de vous, mais l'établissement le plus proche oii on en aurait pu prendre est à vingt lieues d'ici et il est en faillite.