IV NOTICE SLU LA VIE
Icuips-lù. Lu jiuiscunsiilte émincnt, M. Ciuassuii, l'unda à Bc'san(;on la Gazelle de Franche^Comlé, destinée à défendre les doclrincs monarchiques, c'est-à-dire à atta«|uer la nouvelle monarchie. 11 y eut alors, -on le sait, dans plusieurs villes importantes, un vaillant cflbrt pour décentraliser ; résultat logique d'une Révolution 'pie la province avait subie à contre-cœur, qui démontrait le danger et l'abus de la centralisation parisienne, et qui faisait en outre refluer dans leur pays natal bon nombre de jeunes gens préparés par de brillantes études à des carrières actives, et condamnés à l'inaction par la chute du gouvernement qu'ils s'apprêtaient à servir. Ces tentatives échouèrent, connue elles échoueront toujours contre cet esprit araoïu-eus à la fois de changement et d'unité qai fait le fond de l'esprit français, et que Paris attire à soi par son immémorial privilège de variation dans rmiité et de concentration dans le changement. Elles em'cnt l'avantage d'exercer, dans mie sorte de noviciat et d'aitprentissage, bien des forces jeunes et vives <|ui, plus tard, trouvèrent leur emploi et leur jour. C'est ainsi qu'à Besançon, l'on vit se grouper autour du docte fondateur de la Gazette de Franche- Comté, Charles de Bernard, d'Augicom't, auteur du Prêtre Marié, les deux. Vaulehier, Léon de Perrey, .\lbert de Circom-t, publiciste com-ageux et modeste qui a tour à tour figm'é au premier rang des rédacteurs de France et Europe et de YOpinion Publique, et qui, par sa belle Histoire des Murisques, a mérité le' suffrage de tous les lectem-s sérieux et érudits. lin même temps, dans le camp t»pposé, s'élevait l'Impartial du Donbs, rédigé par des hommes trèsdistingués, X. Marmier, Charles NVeiss, et M. Demesmay, dont le goût si connu pom- le sel a dû naître à la lectm-e des articles de ses adversaires et de ses coUaboratem's. Aujouid'hui l'on croit rêver lorsqu'on évoque le souvenir de ces moments où des esprits d'élite, tels que Charles de Bernard et .M. Marinier par exemple pouvaient se croire séparés par des abîmes. Depuis lors, ces abîmes-là se sont fermés, d'autres se sont ouverts, et nous u'a\ons pas gagné au change.
ET LES (ELVRES DE Cil. DE HEUNARD. V
Quoi ijti'il ou soif, la polili([uo propromont dilo devait pou convenir à Charles de Bernard ; non pas qu'il ne fût très-capable de toucher d'une main ferme et vigoureuse aux questions les plus positives et les plus graves ; mais parce qu'il faut poiu' persévérer et réussir dans cette voie, un fond de passion ardente ou d'exaltation factice, pou conciliable avec cette observation pénétrante qui ne se laisse longtemps abuser ni sur les mots, ni sur les choses, ni sur les caractères, ni sur les partis. L'homme qui devait, quelques années après, dessiner d'un crayon si fin et si vTai les fournies chevaleresques, les tril)uns austères, les Philamintospolitiques, de r^tn/irof (/(/'. /r^f/iA, du Pied d'Argile, d'un Homme Sérieux, des Ailes d'Icare, ne piuivait avoir un penchant bien vif ni bien obstiné poiu' ce travail de journaliste, qui condamne trop souvent à subir l'opinion des autres, sous prétexte de la former. Un hem'eiLX hasard vint lui indiquer ou du moins lui faire pressentir sa vocation véritable. En IS31, M. de Balzac publia la Peau de Chagrin. Jus(iue-là, malgré le Dernier Chuuan et les premières Scènes delà Vie privée, la réputation de M. de Balzac restait fort problématique : l'on ne pouvait prévoii- (pie l)ien confusément la transformation laborieuse qui se préparait dans cet étrange cerveau, et qui allait faire de l'auteur de Jeanne la l'aie et du Vicaire des Ardennes l'auteur d'Iùtgénie Grandet et de lialthazar Cla'e's. C'est par la Peau de Chagrin qu'il abordait cette nouvelle veine où il devait trouver de précieux filons, beaucoup d'alliage, une gloire trop contestée jusqu'à sa mort, et trop exagérée après lui. 11 y eut, autour de cet ouvrage, un de ces coups de coUinr de librairie, qui, pourvu qu'il y ait de l'élofTe, classent définitivement un écrivain. Ceux qui s'anmsent aux menus détails de l'histoire littéraire, se souviennent encore peut-être de cette épigraphe cabalistique, de cette ligne serpentine, empruntée à Tristram Shandg/ qui bigarrait la ([uatrièine page des journaux et fut la bizarre introductrice do ce bizarre roman. M. do Balziic, comme tout autour (pii fiauohit un pas déci-^if, lut avec attention ce qii'nu (•crivil siH' /// l'raii de Chagrin, ot fut p.iilicufièicnioiil