‹ Nouvelles et recits. --Chapitre 7 sur 10 · PHILOSOPHIE PRATIQUE DE SOCRATE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE PRATIQUE DE SOCRATE

A propos de'bonne chère, voici ce qu'il disait : « faire bonne chère, dans le langage des Athéniens, a le sens de manger, et il ajoutait que le mot bonne, joint au mot chère, indique que la nourriture ne doit être nuisible ni au corps, ni à l'esprit, ni difficile à se procurer ; en un mot, il entendait par faire bonne chère vivre avec modération ».

Socrate s'attacha principalement à gagner les jeunes gens, et ne négligea aucun moyen pour les amener à le suivre et à l'écouter. La première chose qu'il s'efforçait de leur inspirer, c'était la piété et le respect pour les dieux ; ensuite, il les exhortait à la modestie, à la défiance d'eux-mêmes, à l'éloignement des voluptés, à l'amour de leurs parents et à l'observation des lois. Il regardait comme l'indice d'un bon naturel la promptitude à apprendre et à retenir, l'amour de toutes les sciences qui enseignent à bien administrer une maison ou une cité, en un mot, à tirer bon parti des hommes et des choses. Il ne traitait pas tous les hommes de la même manière ; mais ceux qui, s'imaginant être doués d'un bon naturel, méprisaient l'étude, il leur apprenait que les natures les plus heureuses en apparence ont le plus besoin d'être cultivées.

Quant à ceux qui, fiers de leurs richesses, pensaient n'avoir aucun besoin d'instruction, et s'imaginaient que leur fortune suffirait pour accomplir leurs projets et se faire honorer des hommes, il les rendait sages en disant que c'est une folie de croire qu'on puisse sans étude distinguer les actions utiles et les actions nuisibles ; c'est encore une folie, lorsqu'on ne sait pas faire cette distinction, de se croire capable de quelque chose d'utile, parce qu'on a de l'argent pour acheter tout ce qu'on veut ; c'est une sottise,

quand on n'est capable de rien, de croire qu'on agit comme il faut pour être heureux, et qu'on sait se procurer honnêtement et convenablement ce qui sert à la vie ; c'est enfin une sottise de croire que la richesse, quand on ne sait rien, donne l'apparence de l'habitude, ou que, quand on n'est bon à rien, elle conduit à l'estime.

Je crois qu'une courte étude de la philosophie pratique de Socrate nous serait utile en plus d'une circonstance. Qu'en pensezvous ?

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