‹ Nouvelles et recits. --Chapitre 8 sur 10 · LA FRANCE · texte numérisé non relu

LA FRANCE

France, doux pays de nos pères, Comme ton nom est radieux Sur les nations étrangères Tu verses l'éclat de tes feux.

Tu parles, l'Europe tremblante Au seul bruit de ta grande voix Se tait, muette d'épouvante En voyant pâlir tous ses rois.

Crémazie — Guerre d'Italie

"Jn auteur, dont le nom m'échappe, a dit : «Tout homme a deux pays, le sien d'abord, et puis la France ».

La raison de ceci est que, depuis nombre de siècles, voyez-vous, la France a exercé une telle prépondérance sur toutes les nations de l'Univers, que celles-ci ont été naturellement portées à la considérer comme une sorte de seconde patrie.

Tous les ans on y accourt, soit pour se perfectionner dans les sciences^ou les arts, soit simplement pour s'amuser, car le peuple français a le don particulier de*rendre agréable le^séjour des étrangers en son pays. %M

Cette sympathie naturelle des autres peuples envers la France, devient un devoir pour nous, Canadiens-Français, qui tenons\à notre mèrepatrie par les liens les plus étroites. Aimons-la donc, comme on aime ses parents, sa famille, et restons français. C'est le plus beau titre que nous puissions envier. C'est celui qui nous vau-

dra le respect et la considération rdes races qui nous entourent. C'est pour nous conserver ce titre que nos pères ont fait tant de sacrifices, que les échos de nos forêts répètent encore les actions héroïques qu'ils ont accomplies. Ce caractère distinct de français nous mettra à même de jouer, en Amérique, le rôle que notre mèrepatrie a si noblement rempli en Europe. C'est à la condition seule de personnifier l'idée française, que nous nous acquitterons de cette noble tâche.

Que les noms de quelques-unes de nos localités, de nos cantons, nous rappellent le pays de nos ancêtres.

Il y a Paris aux États-Unis, voire même dans la Province d'Ontario, et nous, Canadiens-Français lesquelles de nos villes portent le nom de Saint-Malo, Dieppe, Rouen, etc., etc. ?

C'est pourtant un moyen puissant de conserver le caractère national d'un peuple sur un sol étranger, que d'identifier la patrie nouvelle avec l'ancienne.

Notre langue, cette belle langue française, «cette œuvre d'art travaillée par les siècles, » d'une beauté à nulle autre pareille », cette langue parlée par tout le monde diplomatique de l'Univers, conservons-la comme un dépôt sacré. Parlons-la partout, en toute occasion. Elle est difficile à apprendre il est vrai, mais « il faut être amoureux d'elle, l'aimer beaucoup, » lui faire longtemps la cour, et elle ne se donne » qu'à celui qui sait la vaincre par un labeur » persévérant et une longue constance ; mais » quels trésors elle révèle à ses favoris ! Sa dé- » licatesse exquise ravit l'intelligence ; elle est » tout amour et tout gaieté, pleine de noblesse et » d'enthousiasme, accessible aux sciences comme » à la fantaisie, à toutes les hautes pensées com-

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