PURETÉ
Dans les expériences qui viennent detre décrites, soit avec le sang vivant, soit avec le sang défibriné par le battage, que l'on prolonge les lavages des globules restés sur le filtre, à l'eau chargée de sulfate de soude !
Si l'on a pris le soin de prévenir leur altération: en opérant par une température basse ; en maintenant les vases entourés d'eau froide ; en faisant usage de solution saline refroidie ; en recouvrant l'entonnoir d'un couvercle qui en abrite le contenu du contact de l'air; en rendant la fîltration aussi rapide que possible, par l'emploi, au début, d'un volume considérable de liquide salin; enfin, en ne laissant jamais languir l'opération !
Un moment arrivera, où les liqueurs de lavage, sans teinte rosée (preuve de l'absence complète de l'hématosine), non-seulement cesseront d'être coagulées par la chaleur, précipitées par l'acide azotique, le bi-chlorure, le tannin (preuves aussi de l'absence de l'albumine); mais encore fourniront par l'évaporation, un résidu, à ce point privé de matières organiques, que la calcination ne le noircira pas sensiblement ; en un mot, n'enlèveront plus rien au dépôt.
A cette époque cependant, les globules n'auront pas été détruits, puisque, remis en suspension dans l'eau salée, ils se remontreront tels qu'ils étaient avant la fîltration.
L'eau pure substituée à l'eau saline, se comportera avec eux tout différemment, produira, en les détruisant, une solution d'un rouge foncé, que l'acide azotique, le bi-chlorure de mercure, le tannin, reprécipiteront et dont 1 ebullition séparera un coagulum rouge brun, essentiellement formé d'hématosine et de matière albumineuse.
Or, contrairement aux exigences de déformations nécessaires au passage des globules sanguins à travers les trames les plus serrées de nos tissus ; à leur arrivée jusqu'aux extrémités les plus déliées des artères et des veines ; compatibles avec la faculté qu'ils possèdent, de traverser les filtres en papier, etc., etc. ; admettrait-on que l'hématosine et la matière albumineuse s'y trouvent autrement qu'à l'état liquide?
Sous cet autre état, on ne leur pourrait du moins refuser une rapide et complète solubilité dans l'eau chargée de sulfate de soude, aussi bien que dans le sérum, qui les dissolvent ou plutôt s'y mêlent, aussitôt qu'une cause quelconque, en déchirant les globules, a permis un contact réel.
Dès lors, puisque les lavages à l'eau saline ne privent les globules ni de leur hématosine ni de leur albumine, tandis que l'eau seule les leur enlève, il est rationnel d'admettre dans ces solides l'existence :
1° D'enveloppes imperméables à l'eau chargée de sulfate de soude, et à son analogue, sous ce rapport,
le liquide du sang en circulation; incapables, en outre, de se déchirer sous leur influence, comme elles le font sous l'influence de l'eau pure;
Que, d'ailleurs, ces enveloppes soient formées de fibrine, d'bématosine, ou d'albumine coiu i éiées, condensées, à l'imitation de ce qui a lieu pour le principe amylacé, dans les couches corticales des globules d'amidon et de fécule, ou de toute autre substance ?
2° D'une matière albumineuse, indépendante de I • celle appartenant au liquide qui les tenait en suspension dans le sang vivant.
Conséqueniment :
Les globules n étant pas perméables au liquide qui les tient en suspension dans l'appareil circulatoire, il se pourrait qu'ils continssent des principes tout différents des siens, en dehors même de l'héinalosine, que l'on sait déjà leur appartenir en propre.
Les expériences relatées dans la troisième partie de ce travail, auront pour but la solution de cet autre problème.