‹ Nouvelles études chimiques sur le sangChapitre 4 sur 5 · EN RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

EN RÉSUMÉ

De tout ce qui précède, je crois pouvoir déduire les conséquences suivantes :

1° La fibrine du sang spontanément coagulé, battu ou reçu directement dans l'eau à sa sortie des vaisseaux ; ses analogues, la fibre musculaire, la couenne inflammatoire, les fausses membranes du croup, etc., etc., proviennent de la partie liquide du sang en circulation et non pas de ses globules ;

2° Les globules du sang spontanément coagulé ou battu, représentent, sans modification de composition, les corpuscules rouges du fluide vital des animaux des classes supérieures; le sérum de l'un et de l'autre, plus la fibrine qui s'en est séparée pendant la coagulation ou le battage, en représentent, à leur tour, la partie liquide ;

3° La production de la couenne dite inflammatoire,

peut coïncider avec la présence dans le sang d'une proportion normale de fibrine, pourvu qu'une cause quelconque y ait augmenté la quantité de l'eau, dans un certain rapport;

4° Les globules sanguins sont pourvus d'enveloppes imperméables à l'eau chargée de sulfate de soude, e[ sans doute, par analogie, à la partie liquide du sang vivant ; de plus, incapables de se déchirer sous l'influence de ces deux liquides, ainsi qu'elles le font sous l'influence de l'eau pure.

5° Les globules sanguins débarrassés au moyen de l'eau chargée de sulfate de soude, du liquide séreux qui les tenait en suspension dans l'appareil circulatoire, sont formés :

D'hématosine, matière colorante organique particulière, que sa solubilité dans l'alcool à 45° et dans l'éther froids, suffisent à distinguer de l'albumine, aussi bien que de ses analogues, et dont le fer constitue l'un des éléments.

De matières extractivesA

— grasses, (que rien ne distingue de

— salines, (celles du sérum; D'albumine, I

De globuline, matière albuminoïde que sa solubilité, à chaud, dans l'alcool à 20°; la propriété de former avec l'eau froide une dissolution que le sous-acétate de plomb ne trouble pas, ne permettent pas de confondre avec l'albumine ordinaire, et qu'on ne retrouve ni dans le sérum ni dans le blanc d'œuf.

D'une matière fibrineuse à son tour distincte de la fibrine.

Sa disposition en petits sacs membraneux, ses reflets nacrés rappelant ceux des globules s'agilant au soleil au scinde l'eau salée; sa résistance prononcée à l'action dissolvante des alcalis, semblent indiquer qu'elle constitue l'enveloppe des corpuscules sanguins;

D'eau, dont la présence, jusqu'à ce jour admise dans ces corpuscules, par simple induction, peut être constatée expérimentalement.

L'albumine, les matières extractives grasses et salines qu'on y rencontre, doivent, avec l'eau, constituer à l'intérieur des globules une sorte de sérum.

On pourrait donc se les représenter, comme de petites ampoules à parois membraneuses, remplies d'un liquide analogue à celui qui les baigne extérieurement, mais tenant en dissolution certains principes spéciaux, l'hématosine et la globuline,

Dès lors, se trouveraient confirmées les prévisions de MM. Dumas et Prévost, sur l'existence, dans le caillot du sang spontanément coagulé, de l'eau tout entière à l'état de sérum; ou, ce qui revient au même à notre point de vue, de matières albumineuses, extractives, grasses et salines, capables d'y constituer à l'état de sérum, l'eau qui les y accompagne.

Dès lors encore, le procédé d'analyse du sang de ces éminents chimistes, joindraitàson incontestable facilité d'exécution, une précision qu'on lui avait contestée, tant que l'on avait pu croire que le liquide des globules différait essentiellement du sérum (1).

(i) Chevreul, Dictionnaire des Sciences naturelles, publié chez Levrault, tome LXYII, page 19G, article sang.

Les résultats obtenus, à l'aide de ce procédé, par MM. Dumas et Prévost, Denis, Andral et Gavarret, Becquerel et Rodier, Lassaigne, Delafond, F. Simon, Nasse, Chrislison, Schulz, Hering, etc., les miens, seraient ainsi à l'abri d'une cause d'erreur qu'eussent rendue profondément regrettable, les conséquences qu'en ont tirées les médecins et les physiologistes.

Ces résultats conserveront leur valeur, à la condition de considérer la différence entre le poids du caillot sec, et la somme des matières Cxes abandonnées par le sérum qui l'imprégnait avant la dessiccation, comme ne représentant plus que le poids des principes propres aux globules (hématosine et globuline), au lieu de représenter celui des globules eux-mêmes (1).

Toujours, d'ailleurs, en continuant de retrancher du poids du caillot desséché, le poids de la fibrine, pour la restituer au liquide au sein duquel nageaient les globules dans l'appareil circulatoire.

Si ces nouvelles études ont résolu quelqu'une des difficiles et délicates questions que j'abordais, l'approbation de l'illustre compagnie me récompensera des efforts consciencieux qu'elles m'ont coûtés.

Paris, le 20 juin 1852.

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