‹ Nouvelles études critiques et biographiquesChapitre 17 sur 43 · H \ Y DON · texte numérisé non relu

H \ Y DON

6 La première impression a été formidable, c'est vrai; mais le lendemain je suis retourné à Raphaël avec un double plaisir. Après tout, l'intérêt n'est pas dans la grandeur de la forme... Michel-Ange chargeait ses figures d'un excès inutile d'anatomie. Ses formes n'ont aucune élégance, elles sont lourdes et non pas grandes, ce sont des formes de portefaix. Le Thésée du Parthénon est réellement grand, et on peut voir que la forme du gladiateur n'est pas le produit du travail, mais la combinaison harmonieuse de la nature. Le gladiateur est un homme comme il faut, un prince, beau et bien élevé. Michel-Ange l'aurait fait violent, turbulent, vulgaire; plus robuste, mais pas aussi sublime... »

En quelques mots, il juge merveilleusement, par exemple, ces étranges peintures de Martin qui ont été très répandues en France par la gravure, le Déluge, le Phuraon, etc.

« Pharaon, dit-il, est une peinture curieuse; la mise en scène y domine tellement, qu'elle y détruit toute grandeur. Il n'est possible de donner une idée de la force et de la puissance que par l'importance des objets détruits. Il n'y a point de grandeur dans la mer faisant tourbillonner un bouchon de liège; de même si les êtres humains sont tellement réduits qu'ils deviennent imperceptibles, toute idée de destruction s'évanouit. »

Il disait encore :

i Martin et Danby sont des hommes d'une imagination extraordinaire, mais des enfants pour la peinture. Leurs tableaux paraissent toujours comme si un enfant d'une

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fantaisie prodigieuse avait pris un pinceau pour exprimer ses inventions. »

C'est ainsi encore qu'en parlant de ^Yest il disait :

i Ses Vénus ont l'air de n'avoir jamais été nues de leur vie; elles ont trop froid pour être amoureuses. »

De Thomas Lawrence, le célèbre peintre de portraits, il dit :

« Lawrence est mort... Il était fait pour son siècle, et son siècle pour lui... Ses hommes sont tous gentlemen, avec un air à la mode; ses femmes sont délicates, mais pas modestes; belles, mais pas naturelles. Elles ont l'air de dire : « Regardez-moi donc... » elles n'ont pas cet aspect de vertu et de noblesse que respirent les femmes de Reynolds. Les femmes de Reynolds sont aussi ignorantes de leur beauté qu'innocentes de pensée et pures d'expression; elles ont l'air d'hésiter même à se laisser peindre. Ce sent des êtres qu'on approche avec respect et auxquels on parle avec timidité. Les femmes de Lawrence, au contraire, on est toujours prêt à les aborder comme un dandy et à leur offrir ses services en faisant la roue... »

Grâce à ses cours publics, Haydon put être pendant quelque temps à l'abri des premières nécessités. Il eut aussi quelques consolations d'amour-propre. Après avoir pendant de si longues et pénibles années prêché l'intervention du gouvernement dans les arts, il vit l'Académie et les académiciens, ses vieux adversaires, soumis à une enquête de la Chambre des communes. Ce fut un de ses

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