‹ Nouvelles études critiques et biographiquesChapitre 29 sur 43 · LA FEMME, 3S · texte numérisé non relu

LA FEMME, 3S

sauver l'honneur de sa fille; tel père de famille volera ou tuera les passants pour nourrir sa femme et ses enfants. Si les mères de M. Michelel se permettent certaines familiarités avec leurs gendres, c'est pour le bonheur de

leurs filles. Décidément il est à craindre que la société ne périsse par excès de vertu.

Je suis convaincu, je le répète, que M. Michelel se croit bien sincèrement spiritualité ; et c'est avec les plus hautes prétentions à la psychologie qu'il tombe à chaque instant dans la physiologie la plus crue. Comme dans son premier livre de VAmour, la femme est encore ici une matière malade et maladive, toujours sous le poids de son accident ; un vrai baromètre soumis à toutes les influences du dehors, connue ces grenouilles vertes que les enfants mettent dans un bocal avec une petite échelle, et qui ne sortent de l'eau que par le beau temps II suit pas à pas la jeune fille dans toutes ses transformations et ses plus insaisissables transitions; il suit sous ses yeux la trace (« d'une imperceptible nuance d'un bleu finement teinté, d'un faible lihis peut-être... » Il vous dira comment « couchée enfant, elle s'était levée demoiselle, » et il vous racontera ce qu'une mère dit en pareil cas à sa fille :

« Chère maman, qu'avez-vous donc? » Et elle se pendit à son cou. Sa mère l'accablait de caresses, mais ne lui répondait pas, craignant que son cœur n'échappât. Enfin, un peu affermie, quoiqu'une larme charmante lui noyât encore les yeux, la mère dit en souriant: « Je racontais « à ton père ce que je rêvais cette nuit. Tu étais seule au « jardin; tu t'étais piquée au rosier. Je voulais soigner ta « blessure, et je ne le pouvais pas; lu restais blessée pour « la vie... J'étais morte, ei je voyais tout. — Oh! maman,

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