DE LA LANGUE FRANÇAISE. ÔG
serons mal disposés à l'abrutissement et à la servitude.
« Mais le mouvement des esprits ne vient pas seulement des livres. Né de la liberté des conditions, il vit du travail, de la riebesse et du loisir; les rassemblements d s villes et la facilité des communications l'enlretieni .-M!. Pour asservir les hommes, il est nécessaire de les disperser et de les appauvrir. La misère est la sauvegarde de L'ignorance. Croyce-moi, réduisez la population, renvoyez les hommes de l'industrie à la glèbe, brûlez les manufactures, comblez les canaux, labourez les ds chemins. Si vous ne faites pas cela, vous n'aurez rien fait; si la charrue ne passe pas sur la civilisation tout entière, ce qui en restera suffira pour tromper vos efforts... »
11 est donc vain d'espérer la destruction de la pensée, de la parole et de l'écriture, et toute compression ne fait que leur frayer un autre cours. La langue la plus affranchie, celle dans laquelle on parle le plus librement, est celle qui finira par triompher, celle qui deviendra la langue vulgaire de l'humanité. C'est comme la route la plus ouverte : tout le monde la prend. On suit les fleuves; même par les traités, ils sont déclarés grande route, route universelle. N'importe où ils prennent leur source, ils appartiennent à toutes les nations; ils n'ont point de couleur, point de nationalité; ils sont véritablement communistes. Ainsi des langues; celle dans laquelle les hommes pourront parler le plus, le plus longtemps, le plus souvent, tous les jours, sera celle qui finira par vaincre et monter sur le trône.
Or, de nos jours, et la France ne devrait pas le voir sans douleur, la royauté passe de plus en plus à la langue anglaise. Autrefois, pour se répandre et se populariser,