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à Thérédité. L'engagement par lequel se recrutait cette troupe était ordinairement contracté par écrit, du moins sous les rois Mérovingiens, mais après l'avènement des Carolingiens le contrat se rapproche des formes germaniques. L'acte écrit fut remplacé par la cérémonie de l'hommage. C'est ainsi qu'apparut la vassalité, qui resta longtemps un lien personnel. La trustis /rawyi/e n'était donc autre chose, au fond, que la milice domestique du Bas Empire. La forme seule fut germanique.
Ce n'était pas encore la noblesse, mais c'en était le germe. L'institution devait encore passer par deux étapes, la féodalité et la chevalerie.
A partir du vui* siècle on trouve partout en Europe une milice royale semblable à celle du Bas Empire, avec cette seule différence que les enfants des grandes familles tiennent à honneur d'y entrer, à côté des hommes du commun. En même temps cette milice devient très nombreuse, par cette raison que le service s'y fait à cheval. Or la tactique militaire a subi sous Charles-Martel une véritable révolulion. La cavalerie, jusque-là insignifiante, est devenue la force principale des armées, et comme la population rurale était hors d'état de la fournir, elle ne put se former que par l'augmentation de la milice royale. La solde alors change dénature. Pour fournir aux soldats le moyen de se procurer des chevaux et de les nourrir, on leur donna au lieu d'argent des terres prises soit sur le domaine royal, soit sur les biens concédés par les rois aux monastères. Ceux-ci réclamèrent vainement. Tout ce qu'ils purent obtenir c'est que les concessions faites aux soldats fussent en usufruit seulement et non en propriété perpétuelle. Ainsi apparaît la 4enure en bénéfice qui crée entre le roi et ses fidèles un lien réel, alors que le simple hommage n'était qu'un lien personnel. Ce fut une révolution politique et sociale qui résulta forcément de la nouvelle composition des armées.
Lorsque Charlemagne eut repris la couronne impériale, l'honneur d'être vassal du roi fut d'autant plus recherché
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par les plus grands personnages. La Tassalité plaçait dans la hiérarchie les vassaux du roi immédiatement au-dessous des comtes. Le roi leur confiait des commandements militaires, les chargeait de missions importantes. Us pouvaient se faire représenter en justice par un avoué et même exiger d'être conduits devant le roi pour y être jugés. Leurs justiciables ne pouvaient s'adresser directement aux juges royaux, omisso medio. Leurs domaines jouissaient de plein droit du bénéfice de l'immunité. Enfin les grands fonction* naires de l'État étaient pris parmi eux.
La décadence carolingienne eut pour effet de rattacher aux grands fonctionnaires provinciaux ceux des vassaux du roi qui demeuraient dans les provinces et non dans le palais impérial. Ceux-là devinrent vassaux des dynastes locaux, mais ils ne perdirent rien au change. Leurs châteaux furent désormais les refuges des populations environnantes, en même temps que les centres administratifs^ judiciaires, militaires, des cantons où ils se trouvaient. La chàtellenie fut la cellule fondamentale de l'organisation politique française. Les châtelains prirent le nom de nobles et de barons, et ceux qui possédaient plusieurs châteaux, soit dans leur domaine propre, soit dans leur mouvance, se trouvèrent par là même au premier rang.
11 y avait, en effet, des rangs dans la hiérarchie des vassaux. Si tous recevaient un bénéfice et devaient par contre le service militaire à cheval, avec armure, les bénéfices n'étaient pas égaux, et l'équipement n'était pas uniforme. On distinguait les milites loricati des milites clipeati. Les premiers portaient la broigne ou le haubert, les seconds n'avaient pour armes défensives que le heaume et reçu. Les premiers avaient le titre de pairs et il en fallait au moins douze pour que le seigneur châtelain pût tenir une cour féodale. Les seconds prirent au xiii* siècle le nom d'hommes liges. Entre ces deux classes la distance devint de plus en plus grande par cela seul que la force des armées consistait à cette époque dans la cavalerie avec
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armure complète. Ce n'étaient pas seulement les hommes, c'étaient encore les chevaux qui devaient être couverts de fer^ et pour porter un pareil poids il fallait des chevaux robustes, d'un prix élevé. Xies simples hommes liges, hors d'état de supporter une aussi lourde dépense, ne rendaient plus à la guerre les mêmes services. Leur obligation se réduisit forcément à fournir un cheval de qualité ordinaire, un roncin au lieu d'un destrier.
Une autre cause accéléra ce changement. Ce fut le morcellement dès bénéfices. On a vu qu'à Torigine les concessions de ce genre n'étaient que des usufruits viagers et même précaires. En fait elles ne tardèrent pas à devenir héréditaires, et même partageables. Dès lors, en dépit des procédés imaginés pour maintenir l'indivisibilité du service militaire, les fiefs ^^amenuisèrent. Un grand nombre ne pouvaient plus fournir autre choëe que le droit de relief ou une prestation annuelle. ^
La distinction entre les grands et les petits vassaux était donc l'expression d'un fait économique, expression insuffisante, car elle s'appliquait très imparfaitement à la réalité des choses. Dans certains pays, par exemple en Angleterre^ les obligations de vassaux furent mises en rapport avec le revenu de leurs fiefs. Le tarif établi comportait une échelle de situations difTérentes, d'après un minimum de revenu fixé pour chaque échelon; En règle générale, la hiérarchie des vassaux comptait désormais, au dessous des princes, quatre degrés, à savoir : barons, châtelains, chevaliers et «impies gentilshommes, distinction plutôt réelle que personnelle, car c'était la terre qui devait fournir des soldats, £t c'était en qualité de possesseur que le soldat faisait son service. La charge, du reste, était lourde pour tous. Le vassal devait marcher, s'armer et s'entretenir à ses frais. Aussi fut-il nécessaire de définir exactement les obligations des deux parties qui se liaient par le contrat féodal. Le service militaire gratuit fut réduit généralement à quarante jours. Passé ce temps, l'homme avait droit à la
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solde et à l'eatretien* Le service a'était dû qae dans certaines limites de lieu, à moins qu*il ne s'agit de défendre le territoire national. Pour les pertes faites dans une expédition, et par exemple pour les chevaux, le seigneur devait une indemnité. Enfin le droit de relief,, perçu par le seigneur à chaque mutation du fief, fut soumis à un maximum et ne put dépasser le revenu d'une année. Par contre, le seigneur conserva sur ses vassaux une juridiction qu'on peut appeler disciplinaire, pour exiger le strict accomplissement des devoirs féodaux, avec une sanction qui pouvait aller depuis une simple amende jusqu'à la confiscation du fief. Toutefois il dut, pour exercer cette juridiction, se conformer aux règles établies pour la justice ordinaire. Ace point de vue, M. Guilhermoz fait observer avec raison que s'il y avait une grande distance sociale entre le vassal et le serf, il y avait cependant aussi une certaine analogie entre leurs conditions respectives, analogie qui se retrouve dans la langue puisque le vassal et le serf sont à des titres différents les hommes du seigneur. Même il n'est pas rare de rencontrer des actes de vente où un fief est transmis avec les vassaux qui l'occupent. Toutefois ce serait attacher trop d'importance à une formule que de ne pas l'entendre comme la simple énonciation d'un fait; aujourd'hui, par exemple, quand le vendeur d'un fonds ou d'une maison déclare ses fermiers et locataires, cette déclaration ne porte aucune atteinte à la situation sociale de ceux-ci. C'est ainsi que la noblesse se constitua et devint un des trois ordres de l'État. Sa fonction était le service militaire avec cheval et armure. Au-dessus d'elle était le clergé. Au-dessous, la masse du peuple, celle-ci plus ou moins engagée dans les liens de la servitude, tandis. que les nobles étaient essentiellement des hommes libres. Ils s'appelaient eux-mêmes /i6mAomme5, ou bien encore chevaliers milites. Leurcondition sociale était Xh franchise. Quant à la classe inférieure, elle comprenait non seulement les serfs proprement dits, dont le nombre allait toujours diminuant,