ORIGINE DE LA NOBLESSB EN FRANCE
mais encore les anciens serfs dont la condition s'était rapprochée de la liberté, à ce point que Beaumanoir en faisait une quatrième classe, intermédiaire entre la noblesse et la servitude. Ce serait au reste une grande erreur que d'attacher à ces termes une valeur rigoureusement précise. La langue juridique du Moyen âge ne comporte pas de définition scientifique. Le service militaire, par exemple, était dû par les non-nobles comme par les nobles, et les nonnobles pouvaient entrer dans la noblesse en devenant che- ^ valiers. En attendant, ils servaient à pied, avec un équipement incomplet, sans heaume ni haubert, mai§ ils n'en faisaient pas moins partie de l'armée.
On devenait donc chevalier quand on recevait les armes complètes des troupes à cheval. La cérémonie usitée en pareil cas s'appelait Vadoubement, Elle se faisait à l'âge oii le jeune homme était en état de porter l'armure, c'est-àdire aux environs de la vingtième année. Pour s'y préparer, les fils des grandes familles se rendaient à la cour du roi ou du seigneur, dès leur première jeunesse, et y recevaient en commun une éducation appropriée à leur future carrière. C'est par là que se recrutaient les commandements militaires et les fonctions civiles de la maison du Roi.
Les progrès de la vassalité et de la chevalerie amenèrent dès le x® siècle la disparition des hommes libres. L? service militaire était si lourd pour eux que ceux qui n'entraient pas dans la vassalité rentraient volontiers dans la classe des serfs en abandonnant leurs terres soit à l'Église, en échange d'une concession de précaire, soit à ufi seigneur qui en retour leur donnait un établissement sur son domaine et les assiijétissait aux charges serviles. En même temps la chevalerie cessa d'être accessible à tous. Pour obtenir l'adoubement, il fallut être fils de chevalier. Les rois se réservèrent le droit d'admettre dans la chevalerie et d'en limiter ainsi le nombre suivant les besoins du service. Les fils de chevaliers, jusqu'au moment où ils étaient adoubés, se trouvaient provisoirement dans une condition