‹ Nouvelles études d'histoire du droitChapitre 42 sur 50 · ORIGINB DE LA NOBLESSE EN FRANCE · texte numérisé non relu

ORIGINB DE LA NOBLESSE EN FRANCE

intermédiaire, et comme, en attendant, ils jouissaient de tous les privilèges de la chevalerie, la noblesse héréditaire se trouva ainsi coostituée et devint un corps fermé. Il fut admis qu'on n'était noble que de naissance. Le Roi seul faisait des nobles à volonté. « Nus, dit Beaumanoir, s'il n'est gentius hons de par le père, ne puetestre chevaliers, si li rois ne li fet especial grâce ». Par fils de chevalier, on entendit les descendants.àn*importe quel degré. Ces chevaliers en expectative s'appelèrent d'abord damoiseaux oo valets. Ils finirent par être désignés tous sous le nom d'écuyers, et comme l'équipement complet était devenu oblige^toire, les nobles qui n'avaient pas une fortune suffisante pour faire les frais de Tadoubement et supporter les charges de la chevalerie restèrent dans leur condition ens'équipant comme les simples bourgeois. Désormais la chevalerie fut le privilège de la haute noblesse.

Telle est la thèse de M. Guilhermoz. Appuyée sur des textes nombreux, consciencieusement étudiés, elle parait exacte et donne une idée juste d'une institution qui s'est formée et développée logiquement, par la force des choses. L'auteur montre bien que la noblesse en France ne dérivait pas d'une conquête, qu'elle n'était pas un privilège de race, qu*enfin elle n'était pas une conséquence de la richesse. Née du service militaire, elle s'est modelée en quelque sorte sur ce service, dont les conditions se sont changées avec le temps. Elle a suivi les progrès de la tactique quand elle s*est transformée en cavalerie, et les nécessités du recrutement quand elle est devenue féodale. Les bénéfices, les fiefs que les rois lui ont conférés ont été le salaire des services rendus, et le moyen de les continuer. Enfin l'institution de la chevalerie a écarté d'elle les causes les plus dangereuses de dissolution. Si M. Guilhermoz avait voulu la suivre dans les temps modernes, il aurait fait voir que la classe privilégiée devait forcément déchoir- du jour où elle cessait d être nécessaire. Quand la société s'est trouvée transformée soit par l'accroissement

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