Lemos, col. 844-16, 977 et suiv
-2. Ibid., col. 985-86, 1020 et suiv. ; 1195, 1198, 1232.
Un cri d’admiration accueillit ce trait de génie. Lemos, au milieu d’un si beau triomphe, eut une tentation d’orgueil, passa la main sur son front et pour se prémunir contre une mauvaise pensée : « C’est par la grâce de Dieu, dit-il, que je suis ce que je suis. » Gralia Deisumidquodsum. La séance dura six heures; les cardinaux sortirent en déclarant d’une voix unanime que jamais le frère Thomas n’avait si bien parié L
Mais les temps étaient changés. Les plus beaux tours d’escrime de Lemos ne pouvaient prévaloir sur les raisons politiques auxquelles de nouveaux événements avaient donné la prépondérance. Le naïf scolastique s’imaginait être au temps de Clément VIII, où le pape lui-même venait se mêler aux combattants, et cherchait de bonne foi à les comprendre. Paul V avait besoin des jésuites ; ils l’avaient trop bien servi dans sa lutte contre Venise et Fra Paolo, pour qu’il pût leur être désagréable. Duperron fit entendre qu’on ne pouvait condamner de si zélés auxiliaires. Henri IV d’ailleurs, — juge bien compétent dans la matière! — sollicitait pour les jésuites,
1. Fuit ista congregatio celebris, de qua niulli mirati suut quod tôt ac tantis, iibi fecerunt summum præliiim patres societatis, sic ex tempore fuisset responsum... Omnes in univcrsum cardinales et censores audientes cum pontifice dixerunt : nunquam sic locutum fuisse fratrem Tbomam. (Lemos, col. 1232, 1318.)
i38 I.ES CONGRÉOATIONS DE AUXILIIS.
qui lui avaient rendu maint service, et ses prières valaient bien un argument de Lemos*. Le pape ne trouva rien de mieux que de remettre toute l’affaire entre les mains de Duperron. 11 nous semble que, si nous étions infaillibles de droit divin, nous ne songerions guère à nous décharger sur un homme sujet à l’erreur des causes soumises à notre jugement. .Alais, soit modestie, soit défiance des dons célestes, soit qu’il ne sentît pas l’illumination intérieure de l’Esprit saint, Paul V jugea plus sûi', pour ne pas se compromettre, de déléguer son infaillibilité. Bref, la fortune de la prémotion baissait. Lemos luimême, l’infatigable Lemos, vaincu, mais non par les armes de la scolastique, fut obligé de quitter la bataille, et de se faire remplacer momentanément par Alvarez.
Aux soixante congrégations de Clément VIH, s’en étaient ajoutées dix-sept présidées par Paul V. Les consulleurs étaient épuisés, les héros de la lutte étaient morts ou exténués de fatigue; le combat allait cesser faute de conrbattants. On disait généralement que la bulle contre Molina était diessée, et qu’il ne lui manquait que la solennité de la promulgation; en sorte que la prédétermination, après avoir