Sainte-Beuve, I. p. 2ül
PORT-ROYAL
concile est universellement et canoniquement assemblé. Je sais cela comme les docteurs qui en parlent; mais la discrétion m’empêche d’en parler, parce que je ne vois pas de fruit à en espérer. » Frédéric Borromée comprit de même la profondeur de la blessure. « Le zèle et la douleur des désordres de Rome, disait-il à M. de Belley^, m’a porté jusqu’à en écrire un livre épais de trois doigts, où ils étaient presque tous représentés. Mais, après avoir vu toutes les portes fermées à la réformation de ces abus, et que Dieu seul le pouvait faire par les voies extraordinaires de sa providence, je brûlai le livre, voyant que ces vérités morales ne feraient que causer du scandale et publier les excès de ceux qui ne veulent point changer de mœurs, et qui sont devenus plus politiques qu’ecclésiastiques 2. » Ainsi tous se voilaient la face et se retranchaient dans le respect. Saint-Gyran osa attaquer le mal à sa racine. La grâce seule efficace fut le remède héroïque qu’il opposa à ce christianisme politique et énervé. Ici, nul pacte n’est possible. Dieu, d’une part, et, de l’autre, la conscience terrifiée du décret inconnu qui l’absout ou la condamme, restent seuls en présence. Dieu ne se laisse pas corrompre. La mollesse de François de