Lotus, p
LE BOUDDHISME
lumineux, exempt de souillures, débarrassé de tout vice, souple, propre à tout acte, stable, arrivé à l’impassibilité. »
Le but de la vie, on le voit, est de se soustraire aux conditions intellectuelles et morales de l’humanité par la méditation, ou, pour mieux dire, par l’exercice fantastique de l’imagination. La légende de l’Arhân desséché, dans Hiouen-Thsang^, est caractéristique de cette absolue dessication de l’être qui, pour les bouddhistes, constitue la perfection.
« A deux cents li, à l’ouest de la capitale, il y a une grande montagne hérissée de pics hardis et escarpés, au haut de laquelle s’élève un stoupa. Voici ce que rapporte à ce sujet la tradition.
» 11 y a plusieurs centaines d’années, le tonnerre gronda et fit écrouler une partie de la montagne, dont les grottes servaient d’asile à un bhikchou d’une taille extraordinaire, qui était assis les yeux fermés; ses cheveux et sa barbe, descendant en touffes épaisses, couvraient ses épaules et son visage. Des bûcherons allèrent informer 1e roi, qui s’empressa d’aller le contempler et lui rendre ses devoirs. La nouvelle s’étant répandue parmi les magistrats et les hommes du peuple, une foule