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NOUVEAUX TRAVAUX

SÜR LE BOUDDHISME ^

L’élude du bouddhisme semble avoir été particulièrement dévolue à la science française. Nous en eûmes les prémices par Abel Rémusat, Eugène Burnouf, Stanislas Julien. Maintenant que ces recher-

1. E. Senart, Essai sur la légende de Bouddha, son caractère et ses origines, 2® édition, revue et suivie d’un index, xxxv-49(> pages. Paris, 1882, Leroux, grand in-8. — -E. Senart, le Mahàvastu, texte sanscrit, publié pour la première fois et accompagné d’introductions et d’un commentaire, t. I, LXti-635 pages, grand in-8 (dans la Collection d’ouvrages orientaux, publiée par la Société asiatique, seconde série). Paris, 1882, Imprimerie nationale (Leroux). — E. Senart, les Inscriptions de Piijadasi., t. I, les quatorze édits. Paris,

elles sont anivées à un degré supérieur d’avancement, c’est chez nous qu’elles reviennent, et, bien que le dernier mot ne soit jamais dit en des malièi es aussi dilficiles, il est permis de placer les travaux de M. Senart parmi ceux qui résument une situation scientifique et annoncent la maturité. Ces travaux peuvent compter entre ceux qui font le plus d’honneur à notre jeune école orientale. Par leur solidité et ieur consciencieuse minutie, ils rappellent ceux de Burnouf, et certainement, si ce maître illustre vivait encore de nos jours, comme la mesure de la vie humaine le permettrait, il serait le premier à y applaudir. Sur quelques points, il est vrai, les conclusions des deux savants paraissent se contredire; trente années de travaux actifs ne sauraient être sans fruit, et peut-être, dans l’intervalle, la critique générale a-t-elle pu accomplir aussi quelques progrès. Burnouf avait trop l’esprit scientifique pour croire qu’il n’y eût rien à faire après lui, et M. Senart sait que les problèmes délicats de l’histoire n’approchent d’une solution que par des approximations successives. Lui-même s’est appliqué sans cesse à reviser

326 pages. Jeux planches. Tiré à part du Journal asiatique, 1880 et 1881 (Leroux). Voir aussi Jnurn. asiaL, avril-inai-juin et auùl-sept. 1881, février-mars 1883. — A. Bergaigne et A. Bartii, les Inscriptions sanscrites du Cambodge, dans le Journal asiatique, févriermars et août-sept. 1882.

LE nOUDDHISME.

sa pensée et à lui donner par des retouches successives le plus haut degré possible de précision.

La vie de Bouddha est la pièce du bouddhisme qui frappe tout d’abord et qui fut connue la première. « 11 list moult grans abstinences, dit Marco Polo*, ainsi comme s’ileust esté crestien. Car s’il l’eust été, il feust un grand sainct avec Nostre Seigneur Jhesucrist, à la bonne vie et honnesté qu’il mena. » L’Église chrétienne avait été longtemps auparavant du même avis. Le récit du L«/i7nyis<ara parut si beau aux chrétiens d’Orient, qu’ils en firent la vie des saints Barlaam etJosaphat% qui, depuis des siècles, est lue dans l’église avecédification. Quand l’Évangile bouddhique fut traduit pour la première fois en français par M. Foucaux, tous les gens de goût le lurent avec un plaisir extrême, et crurent avoir affaire à une légende fabuleuse bien plus qu’à un mythe dénué de réalité.

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