Relation, ch. clxxviii
2. Josaphat est une altération pour Joasaf, forme employée par
les chrétiens orientaux, et qui n’est elle-même qu’une altération pour = Boudasf = Bodhisatlva, par suite des erreurs que
produit en arabe l’omission des points diacritiques.
LE BOUDDHISME
Une distinction importante, d’ailleurs, put bientôt être faite, et sembla un solide point d’appui pour la critique. Que, dans les soutras développés, comme le Lalilavislam, le détail des faits soit dénué de valeur historique, c’est ce qui est trop évident pour être prouvé. Mais les soutras simples ont une physionomie bien plus historique. Là, on pouvait croire que l’on touchait un Çakya réel, que l’on entendait un écho de sa prédication, que l’on avait le contrecoup des sympathies et des antipathies qu’il inspira. Un caractère humain, historique, semblait vivre ilerrière ces amplifications exubérantes, et, bien que les liâmes générales fussent celles de l’idéal hindou, quelques traits cependant avaient l’air de garder l’empreinte d’une individualité déterminée.
Aussi n’est-ce qu’assez tardivement qu’on s’est demandé si cette légende, colorée de brillants reflets, renfermait un noyau, ou bien si, comme une bulle de savon, elle manquait de masse solide. Eugène Buinouf admettait pleinement la personnalité et l’importance historique du Bouddha. « Je n’hésite pas à croire, écrivait-il, que Çakya-Mouni n’a pas eu la pensée de substituer aux formes du culte populaire des objets nouveaux d’adoration et des formes nouvelles de culte. Il a vécu, il a enseigné et il est mort en philosophe, et son humanité est restée un fait
LE BOUDDHISME
.si inconleslablement reconnu de tous, que les légendaires, auxquels coûtaient si peu les miracles, n’ont pas même eu la pensée d’en faire un dieu après sa mort. » Il est certain que, placée au milieu d’un pan théon hindou , la statue de Bouddha se distingue nettement. Elle n’est pas, comme les idoles hiératiques, chargée d’attrihuts contre nature; c’est l’image d’un homme assis, les jamhes croisées, dans l’attitude de la méditation. Cette quiétude absolue, cette simplicité nue n’ont rien qui rappelle le démiurge, le dieu créateur et destructeur. Même les détails luxuriants qu’on nous donne sur son type physique, bien qu’ils soient conçus pour la plupart d’après le canon de la beauté hindoue, renferment des particularités qui ne s’expliquent pas bien dans l’hypothèse d’une pure création a priori *.
Tel est le problème que M. Senart a choisi pour y appliquer sa critique si ferme et si sagace. Les premiers essais de M. Senart sur la légende de Bouddha parurent dans le Journal asiatique, d’août 1873 à septembre 1875. Ils frappèrent tout d’abord les lecteurs instruits. Avant M. Senart, M. Vassiliew avait réduità peu près à néant le rôle historique de Bouddha; mais les vraies raisons de douter n’avaient pas été