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palhie‘; mais, dans l’intervalle, des apôtres ardents avaient porté la doctrine de la délivrance chez ces races mongoles où le nihilisme a toujours eu sa forteresse la plus assurée. L’image tranquille de Bouddha calma la conscience de milliards d’êtres humains; elle étouiïa, durant des siècles, ce fond de révolte qu’une conception triste de la vie et un état social défectueux entretiennent à l’état endémique dans les parties centrales de notre vieux continent.
En devenant religion populaire, le bouddhisme, comme le christianisme, se donna des organes qui manquaient tout à fait à la création primitive. C’est principalement dans l’histoire des religions qu’il est vrai de dire que tout se fait avec tout. Une religion idéaliste à son origine peut devenir, selon les peuples ({ui l’adoptent, un grossier paganisme. Une religion étrangèreà la philosophie peut, chez uneautre race, devenir presque toute métaphysique. C’est ainsi que s’explique l’étrange contraste de ces soutras bouddhiques, fondés sur une sorte de philosophie athée ou nihiliste, et de la religion populaire à laquelle ils servent de soutien, religion, en apparence, si conforme au catholicisme, qu’on a pu d’abord les confondre. Açoka, dans ses édits, parle du salut éternel comme ferait un chrétien. Un des récits les plus
1. Théodore Pavie, dans le Journal asiatique, mars 1841, p. 203.
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touchants du Mahavastou'^ est celui de ce roi du Kalinga qui niait les récompenses de l’autre monde et protestait qu’il ne renoncerait à son opinion que si son père, à qui ses vertus avaient dû mériter le paradis, s’il en existait un, revenait tout exprès pour lui en garantir la réalité. Le Bouddha, prenant la figure de son père, lui apparaît, et le roi naturellement renonce à sa mauvaise doctrine.
Le Bouddha aime beaucoup à se faire ainsi tout à tous. Au moment où il traverse une plaine brûlante, des millions de dévas et de génies accourent pour déployer un parasol au-dessus de sa tète. Le bienheureux se multiplie en autant de petits Bouddhas qu’il y a de parasols, afin que tous aient la satisfaction de croire que leur offre pieuse a été acceptée. Bouddha se trouve un jour devant une rivière infranchissable. Des êtres bienveillants lui bâtissent instantanément plusieurs ponts. Le bienheureux se multiplie selon le nombre des ponts, et chacun s’imagine qu’il a passé sur le sien, à l’exclusion des autres^ On ne saurait trouver une image plus exacte