‹ Nouvelles études d'histoire religieuseChapitre 45 sur 124 · Nom du sabre d’Ali · texte numérisé non relu

Nom du sabre d’Ali

LES TÉAZIÉS DE LA PERSE

du noble animal; j’en frotterai mes yeux, c’est un collyre de grand prix.

» ALI. — Il ne m’est plus permis de songer à monter Duldul. La mort a déjà sellé pour moi son Duldul. Je vais le monter tout à l’heure, afin de chevaucher à travers d’autres champs. Va, mon brave écuyer Gamher, jette un linceul noir sur mon cheval favori; dis-lui qu’il n’a plus de maître, que l’iniquité de la fortune l’.en a privé.

)) GAMDER sort, puis revient, tenant par la bride le cheval favori" '

Viens, Duldul, que je te revête d’une housse noire. Les mécréants, les infâmes barbares ont martyrisé notre maître. Tu es triste, tu sens, ami Duldul, que ton cavalier, ton prince expire dans les flots de son noble sang. Ne t’en défends pas, laisse-moi te draper pour le deuil. Laisse-moi couvrir ma tête de la poussière que tu foules et puis mourir à tes pieds. Laisse-moi poser ma bouche sur ces étriers, sur cette selle. Ali fait toute ma joie, toute ma richesse. »

La plus frappante des pièces publiées par M. Chodzko est sûrement celle qui a pour titre le Monas-

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tère de moines européens^. Le principal personnage est la tête de l’imam llossein. L’armée de Yézid se retire, emportant les têtes des martyrs. Survient une alerte; un corps de partisans des Alides vient pour enlever les têtes. On est près d’un couvent chrétien. Les Arabes demandent à y passer la nuit.

« CHEMR. — Habitants du monastère chrétien, vous qui obéissez tous à la loi de Jésus, pourriezvous nous admettre dans vos murs pour une seule nuit? Nous y entrerons en vrais amis.

» LE PRIEUR. — Qui es-tu et d’où viens-tu avec cette armée? Explique-nous tes intentions secrètes. Que viens-tu chercher au milieu de moines, chef des guerriers? Si tu as atfaire à un des nôtres, dis-nous son nom.

» CHEJiR. — Cette armée que tu vois, composée de blancs et de nègres, marche sous les drapeaux du khalife Yézid . Un Arabe ayant eu la fantaisie de devenir khalife, notre souverain nous chargea de lui faire savoir ce qu’il en pensait. 11 m’envoya avec toute son armée, et le tranchant de mon poignard décida du reste. Sache que le prétendant mordit la poussière il y a quelques jours, grâce à ma bravoure. Sa tête, nous la portons à Damas comme un cadeau destiné au khalife. Tous les membres de sa famille

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