‹ Nouvelles études d'histoire religieuseChapitre 69 sur 124 · P. 235-36 ; comparez P · texte numérisé non relu

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ET L’ÉVANGILE ÉTERNEL

marge de courtes scolies, destinées à faire remarquer les principales idées de Joachim, précisément celles sur lesquelles Gérard insistait de préférence. Une difficulté bien plus grave, c’est que, parmi les extraits que tenait maître Florent, il n’y avait de citations que des trois grands ouvrages authentiques de Joachim, tandis que, dans notre manuscrit, les commentaires apocryphes sur Jérémie, sur Ézéchiel et le De oneribus provinciariini tiennent une place importante. Il faut remarquer, du reste, que la compilation contenue dans notre n“ 1 726 semble faite parfois un peu au gré du copiste : il y a des blancs, des reprises h On ne peut pas l’identifier avec l’édition donnée par Gérard. Nous croyons que, parmi les écrits joachimites qui ont été conservés, , celui qui se rapproche le plus de l’ouvrage de Gérard est l’opuscule commençant par Helias jam venü, mentionné ci-dessus, page 239-240.

A quelle date fixer la composition du Liber introductorius in Evangelium œternum ? Le quatrième document mentionné ci-dessus nous donne à cel égard l’indication la plus précise. Une des erreurs

1. C’est sans doute à des compositions de cette nature que Florent fait allusion dans son concile d’Arles : « Plurima super liis phantasiis conimentaria facta descripserunt. » (Labbe, t. XIV, p. 242.)

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qu’on relève dans le Liber introductorius est de fixer le commencement du règne du Saint-Esprit à un terme de six années, à l’année 1260*, ce qui reporte la composition du livre à l’an 1254. C’est aussi la date précise assignée par Guillaume de Saint-Amour-, et bien connue de tous les savants qui ont traité des affaires de l’université de Paris et de la cour romaine à cette époque ^

En réunissant les principaux faits qui sortent de cette discussion, nous arrivons aux conclusions suivantes :

1° L'Évangile éternel désigna dans l’opinion du xm" siècle une doctrine, censée de l’abbé Joachim, sur l’apparition d’un troisième état religieux qui devait succéder à l’Évangile du Christ et servir de loi définitive à l’humanité.

2° Cette doctrine n’est que vag^ment exprimée dans les écrits authentiques de l’abbé Joachim. Joachim se contente de comparer l’Ancien et le

1. D’Argentré, p. 161. (< Quod Novutn Testamentum nondurabit in virtute sua nisi per sex annos proxime futures, scilicet usque ad annum incarnationis m.cc.lx. » Le texte de d’Argentré porte à ort 1269. Comp. d’Argentré, p. 165 haut; Salimbene, p. 123, 223, 231, 210.

2. « Jam publiée posita fuit adexplicandum anno Domini 1254. » (De peric.noviss. temp., 0pp.. p. 38.)

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