‹ Nouvelles études d'histoire religieuseChapitre 7 sur 124 · PREMIERS TRAVAUX · texte numérisé non relu

PREMIERS TRAVAUX

SUR LE BOUDDHISJVIE

Une doctrine qui assigne à la vie pour but suprême le néant ou, si l’on veut, un paradis dans lequel l’homme se trouve réduit à l’éiat de cadavre desséché ; — une doctrine qui proclame que le comble delà perfection est l’anéantissement de la vie successive, — où l’homme est présenté comme le terme le plus élevé de la création, — où l’idée d’un être suprême n’apparaît" qu’à une époque tardive, est un phénomène si extraordinaire que notre esprit a beaucoup de peine à en admettre la possibilité. Et cependant une pareille doctrine existe. Pour compléter le paradoxe,

LE BOUDDHISME

cette doctrine, en apparence la pins désespérante qni ait jamais été professée, a inspiré des prodiges de dévouement aux races les plus diverses ; l’Église du nihilisme est restée jusqu’à nos jours, sans schisme notable, l’édifice religieux le plus compact de l’Orient. C’est là certes un fait unique dans l’histoire de l’esprit humain. Étrange par sa destinée, le bouddhisme l’est plus encore par sa philosophie, son enseignement, la légende de son fondateur, le style bizarre de ses livres sacrés. Joignant les abus de la scolastique la plus abstraite aux rêves de l’imagination la plus folle, cette religion, d’abord sans Dieu et presque sans culte, aboutit aux extravagances d’une mythologie effrénée. La religion qui fut la plus philosophique à son commencement, et où certaines écoles modernes affectent de trouver le dernier mot de la sagesse, est devenue le plus grossier des cultes populaires. En contradiction avec tous nos instincts, le bouddhisme inspire je ne sais quel attrait malsain, comme ces effrayantes monstruosités où se dévoilent par échappées les secrets abîmes de la nature.

Le bouddhisme est bien réellement une déeduverte de notre siècle. Depuis Marco Polo, qui a connu la légende du jusqu’au Père Horace délia

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