Hauréau, Bernard Délicieux (Paris, 1877), p
-2. Les doctrines de Michel de Césène étaient mot pour mot celles de Joachim, telles que les interprétaient Jean de Parme et Gérard de San-Donnino. V. Baluze, Miscell., t. I, p. 272 et suiv.
ET L’ÉVANGILE ÉTERNEL
apostoliques, apôtres même (car ils allaient jusqu’à se donner ce nom), auxquels correspond l’apparition de plusieurs messies apocryphes, prétendues incarnations du Saint-Esprit, tel que Gonzalve cleCuença Qu’une pensée hardie et populaire se cachât sous ces dehors monastiques, c’est ce qu’on ne saurait mettre en doute, quand on entend tous les sectaires ci-dessus désignés déclarer unanimement qu’ils ne relèvent que de Dieu, qu’ils ne sont assujettis à aucune obédience, qu’ils imitent la vie du Christ et des apôtres, et que toute l’autorité de l’Église romaine, de cette Église condamnée à cause de la malice des cardinaux et des prélats, a passé au peuple^. L’habit monacal n’était souvent, au moyen âge, qu’un sauf-conduit, une garantie d’inviolabilité, souvent aussi un prétexte pour le vagabondage, comme le prouvent les innombrables décrets des conciles provinciaux contre les moines et les écoliers gyrovagues, portant indûment le vêtement religieux. L’habit de saint François, confinant à celui du mendiant, servit ainsi, en Italie et dans le midi de la France, à couvrir de dangereuses as-
1. Cf. Direct, inq., p. 200; d’Argentré, 1, p. 176; Fleury, livre XCI, §§ 42, 59, 60; XCVl, § 36; Tosü, Op. cit., I, p. 185 et suiv. ; Schmidt, Hist. des Cath., fréquemment, et surtout la Summa de Imresibus de Gui de Perpignan (Paris, 1528, in-foL).