‹ Nouvelles études d'histoire religieuseChapitre 92 sur 124 · Oinnes amicos mens anliquos · texte numérisé non relu

Oinnes amicos mens anliquos

3. Ses expressions sont aussi brûlantes que jamais : « Ut evidens mihi fiat quoniam germani sibi mutuo sint Christus et Cliristina, amicus et arnica, sponsus et sponsa, ut in hoc certitudinaliter probem

CHRISTINE DE STOMMELN

La maison a fini par s’écrouler (1277) ; le curé est mort ; la mère de ce dernier accuse Christine d’avoir détourné les biens du défunt. L’excellent Pierre n’y résiste plus. Il semble que, vers ce temps, il était devenu lecteur dans l’îlc de Gothland, sa patrie, sans doute à Wisby (1278). Amor improbus omnial vincit, se dit-il sans cesse, et en effet, en 1279, il obtient la permission de repartir pour Cologne, sous divers prétextes, dont le principal était de se procurer quelques-unes de ces reliques dont la métropole religieuse de l’Allemagne était l’inépuisable dépôt. Sa santé s’était fort allaiblie, mais lui, qui s’évanouissait deux ou trois fois dans l’espace d’un mille, fait maintenant sans fatigue un voyage énorme. Le récit de la surprise qu’il causa aux dévotes de Stommeln en tombant chez elles à l’improviste est habilement ménagé. C’était le 15 septembre 1279, à l’heure de la messe. Plusieurs personnes ne le connaissaient déjà plus; la femme du sonneur lui demanda son nom, sa patrie. Au nom de Pierre de Dace, elle sort à la hâte, court sur la place en criant : « Christine, Christine, viens vite ! » Le

ex quo fonte procédai dilectio qua vos diligo et a vobis diligor. Carissirna, æslimo quod dulcedinem consolationis quaiu littera vestra eontinebat soins sensit qui recepit, quia sola novit quæ inisit.

CHRISTINE DE STOMMELN

bonheur de Christine, ses extases, quand frère Pierre prêcha après vêpres sur des paroles évangéliques qu’elle-même avait choisies, se laissent deviner ; elle ne sort de son extase que pour dire deux fois : « Aimons Dieu, car il est trop aimable, » Elle vivait alors chez les recluses ou béguines. Elle se crut obli gée à quelques précautions : soit qu’elle voulût prévenir les médisances, soit qu’elle fût obsédée de quelques-uns de ces scrupules cpii lui étaient habituels, elle affecta, dans son extase, de ne pas reconnaître son ami : « Frère Pierre, dit-elle, si tu veux parler de Dieu, c’est bien; sinon, fais tes affaires le plus vite possible et pars ; sans cela, nous nous ennuierons biéntôt de toi. » On parla beaucoup de cette singularité; elle prétendit, le lendemain, n’en avoir aucun souvenir.

Pierre resta trois jours auprès d’elle, puis alla visiter son couvent de Cologne. Gérard de Griffon était devenu sous-prieur. Celui-ci aimait toujours Christine; les deux frères ne causèrent que d’elle. Le 30 septembre, Pierre revint à Stommeln; il y eut un beau dîner C donné par les béguines, et où assista toute la pieuse confrérie. On parla du miracle de sainte Agnès, tel que le rapporte la Légende

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