PAR LEURS FRUITS
VoiLS les reconnaîtrez à leurs fruits. Matthieu, VII, 16.
Cette maxime, pour être généralement admise, n'avait pas besoin de Tautorité de Jésus-Christ. Il n'a fait qu'appliquer aux faux docteurs de son temps un proverbe de tous les temps. Ce proverbe, nous l'appliquons nousmêmes tous les jours , et nous croyons ne pouvoir faillir que dans l'application : le principe lui-même nous paraît absolument juste et hors de question. Aussi sûrement, disons-nous , et aussi constamment qu'un arbre se reconnaît à ses fruits, un homme se reconnaît à ses œuvres, un système à ses conséquences, une doctrine à ses résultats; et de même que je n'ai qu'à cueillir ou à voir une pomme pour juger que l'arbre d'où elle est tombée est un pommier, je juge qu'une action malhonnête est d'un malhonnête homme, et qu'une mauvaise pratique dénonce un mauvais système.
Il est pourtant certain qu'unh omme habituellement honnête peut, dans un moment d'oubli ou de faiblesse, commettre une mauvaise action. J'avoue que, puisqu'il a pu la commettre, il n'était pas, au fond du cœur, suffisamment honnête ; car une action malhonnête serait impos-