‹ Nouvelles études évangéliquesChapitre 25 sur 36 · CHRIST AVEC NOUS · texte numérisé non relu

CHRIST AVEC NOUS

ou

DS6 lUPPOBTS ESSENTIELS ET PERMAIfENTS D£ JJ^SUS^CHBIST AVEC SES DIflaiPLEâ ET l'UUICÀIIITÉ.

(étude théologiqtte et religieuse de Jean, XIT-XYII.)

{Christ avec nous, c'est une des faces de la religion; une autre face serait : Christ pour nous ; une autre encore : Christ hors de nous. De quelque partie de la religion que n(TUs nous entretenions, le nom de Christ s'y trouvera toujours : la religion, c'est Christ. Cette idée est plus générale que notre sujet ; elle le domine , elle Tenveloppe; il sera bon d'arrêter sur elle nos pensées et d'en faire Texorde de ces discours.

[Christ avec nous, tel est le sujet que nous avons trouvé dans les chapitres XÏV à XVII de l'Évangile selon saint Jean. Je tirerai, par une continuelle référence, toute la substance de mes leçons de ces quatre chapitres. J'avais d'abord voulu les étudier avec vous verset après verset, et faire , une troisième fois, une explication homilétique. Ce dessein me souriait beaucoup; son exécution m'aurait permis de vous recommander de nouveau cette excellente méthode de prédication; mais je me serais engagé dans un océan de difficultés, car je veux traiter mon sujet méthodiquement. Il règne dans ces quatre chapitres une

GBBI8T ÂTBC VOVH. 843

divine confiinon; les éiéments y sont si entremêlés, si entrefondus, les mêmes idées y reviennent si souvent, que leur retour fréquent n'aurait pas été supportable dans une suite de discours. Au reste , je ne veux pas offrir ici des modèles de eonférences, je ne veux pas non plus discuter le mystère; mais m'attacbant aux âûts, je développerai, sans la perdre jamais de vue, la grande idée de la perpétuité des rapports de Christ avec son Église. ]

CHRIST c'est la BELIGION^ IA RELIGION G^EST CHRIST.

Je mds le chemin, la vérité et la vie, Jean, XTV, 6.

[Qu^est-ce qu'une religion? Si Ton entend là-dessus la réponse des philosophes et celle du vulgaire, qui, une fois du moins , se trouvent d'accord entre eux , ils vous répondent que la religion est un enseignement, une doc* trine ou un système sur les rapports essentiels de Dieu avec rhomme. La religion chrétienne , en particulier , est un enseignement, une doctrine, un système; c'est le sys* tème de Jésus-Christ. Le christianisme est la doctrine religieuse selon Jésus-Christ, comme le mahométisme est un système sur Dieu d'après Mahomet. Il n'est pas de formule plus accréditée que celle-là.

[Nous ne voulons pas la combattre d'une manière abso* lue; nous ne contestons pas que toute religion ne renferme nécessairement un enseignement; une religion qui n'enseigne pas n'est pas une religion, et par enseignement nous entendons la communication de vérités importantes sur les rapports de Dieu avec l'homme. Mais la vraie religion ne peut pas être simplement un enseignement et elle

344 GHBJST c'est la KBLiaiON,

ne commence pas tout d'abord par enseigner. Telle est notre thèse.

[Nous devons nous placer ici dans Tune de ces deux hypothèses , entre lesquelles il ne saurait y en avoir une troisième : ou Thomme est tombé ou il ne T^st pas.

[Si rhomme n'est pas tombé, si nous sommes demeurés dans Fétat où Dieu a voulu que nous soyons, un enseignement n'est pas nécessaire, et même ne se conçoit pas. Dans ce cas , nous sommes intérieurement enseignés par une voix que nous pouvons appeler la voix de la nature avec plus de raison que ceux qui abusent du mot en paraissant faire si grand cas de la chose. Notre religion est alors vraiment la religion naturelle; mais elle diffère de celle qu'on appelle ordinairement de ce nom en ce que celle-ci est une conclusion du jugement , tandis que la première n'est point une déduction, mais une vue intérieure et immédiate de la vérité de Dieu par la perception infaillible d'un sens approprié à cet usage. Si nous ne sommes pas tombés, nous connaissons si bien les rapports essentiels de l'homme avec Dieu que personne n'a à nous les enseigner , et que dès maintenant , sans l'Évangile et indépendamment de l'Évangile , cette parole est vraie : « Nul n'enseignera son prochain et nul son frère , en lui « disant : Connais l'Éternel; car tous me connaîtront, d (Jérémie, XXXI, 34.) Les rapports entre l'homme et Dieu nous sont, dans ce cas, parfaitement connus ; sans les avoir étudiés, nous en avons mieux que la connaissance : nous en avons la vue intérieure et le sentiment; nous les connaissons comme notre propre existence; nous en sentons la réalité comme nous sentons la réalité de notre vie; et nous ne sommes pas plus certains de notre mm que de la nature et de la volonté de ce moz divin, qui est l'objet de la religion. Si nous ne sommes pas tombés, nous sommes

Page 1