‹ Nouvelles études évangéliquesChapitre 26 sur 36 · LA RELIGION G^EST CHRIST · texte numérisé non relu

LA RELIGION G^EST CHRIST

en Dieu et Dieu est en nous, et dans cette intime communion Dieu se révèle à nous par le sentiment même qu^il nous donne de sa présence.

[ C'est dans cette communion intime avec Dieu qu^a vécu le premier homme dans le paradis. Il n'avait pas à s'enquérir de Dieu, le possédant déjà en soi; ni de sa volonté, la connaissant intérieurement. Il n'avait pas à sortir de luimême pour trouver Dieu, parce que Dieu et lui étaient dans une communion non interrompue. Si l'homme n'était pas tombé, cet état serait encore le sien, ce qui revient à dire qu'il n'y aurait pas de religion pour lui, ou que le mot de religion ne suffirait pas à exprimer les rapports intimes et les intelligences de Dieu avec sa créature.

[ Si, au contraire, nous sommes tombés, nous ne pouvons l'être à moitié; car lorsqu'il est question d'une telle déchéance, l'effet de la chute est^pareil à celui du rameau détaché de l'arbre : le rameau meurt dès le premier kistant, parce qu'il est séparé de la source de la vie; il conserve des apparences de vie durant quelques jours peutêtre, et cependant il est mort : il l'est déjà virtuellement, et le sera bientôt actuellement. L'homme non plus, quoiqu'il y ait des différences entre les individus, ne se sépare pas à moitié de Dieu. Il y a sans doute des degrés dans le mal; mais entre le bien et le mal, quel que soit le degré du mal, il y a un abime. L'homme tombé n'est pas seulement courbé, il est renversé; il n'est pas seulement languissant, il est mort; aussi l'état de déchéance est-il désigné dans l'Écriture par le nom de mort : a Vous étiez « morts dans vos fautes et dans vos péchés.» (Éphés. II, i.) Il ne pourrait être appelé d'un nom plus convenable; même en ne se plaçant pas sur le terrain de la révélation, on ne peut raisonnablement concevoir ni une demi-chute, ni un état de déchéance qui ne soit pas une mort.

34(6 GRBIST (f EST LA RSliaiON^

[ Mais si noire déchéance est telle que nous venons de le dire, si elle ressemble au retranchement d^une branche qui doit mourir, si notre déchéance est une mort, à quoi nous servinurt-il de eonnsétre les rapports essentiels et vrms de Ueu avec l^omme, rapports qxû résultent, nous TaYODs f»t ¥oir, de Tessenee de Dieu et de Tessence prlmitiire de Fhomme? Quel serme tscm» rendrait une religion qui n'aurait d'autre prétention epie celle de nous Sûre connaître ces rapports? Ëà d^aiUeiir&y comment y par* viendrait-eUe ? Notre himîère inteltectcidle est altérée; elle ne pourrait répandre sur ce sujet important que des lueurs vagues et ineertaims. Nous pouvons sans doute en obtenir une connaissance spéculaliTe scrfâsiemite pour en être centristes et pour éprouver de vife regngt»; mffis ce ne sera, après tout, qu'une spéculation oiseuse; ce ne sera pas une religion, si par riÂgioii nous eAteniens an élit ebieetif, une réalité en nous et liors de nows, me nouvelle condition de l'homme par ra{^rt à Dieu. L'enseigaesnent, s'il n'est accompagné de mm autre, n'est (kmc qhif'une religion mutHéey une moitié de phrase qm n'a pas de sens^ Nous ebucluoiis de là quie, peu^ être possible, une religjorr doit être quek|Cffi dtoie ê!& ph«s qu'on ôiseignementi Bans l'hypoll^se de 1» chute, îi fsc&t qu'un fait intertienoe, et ce faut sera Fobiiet même <fe la religion.

[ Il ne peut s'a^r ici que d^u» Mt de Dieu^« B n'appartient pifô à l'homme d'aceon^lir ni même d^imaginer te fait dont il est besoin. 9r l'homme pouvait remédier à sa déchéance, se relever lui-même, il ne serait pas tombé. Une ps^eille chute n'est pas dé celles dont en se relève. Le feit sera donc un Mt de Dieu; c'est-à^ive que Dieu entrera, descella dans le temps et dans l^'histeire; il y viendra prendre place avec nousv^ Toutes les re%iims positives

LA RSLIOION C^X9T GHBIST. 341

Tont ainsi entendu, et par là elles se sont montrées plus {rfnlosopbiques que les philosopfaies.

[ En quoi consistera ce fait? Sera-ce une parole? Dieu entre-t^il dam le temps pour déclarer ce qu^il est, ce qu'il ▼eut? Non, il y entre pour agir. Agir est la seule manière toergique et utile de panâtre, de parler. Il y a dans le fait divin plus qu'un écho, plus qu'une parole, plus qu'une révélation; il y a on être, il y a Dieu^ il y a la communication substantielle et personnelle de Dieu. Telte est la nature du fait divin à la néceflsilé duquel le raisomement nous a conduits.

[ Si Dîetl agH, il ne^ peut que pmàr ou pardonner. S'il ne fiiisait ni Van m Vautre, nofas> ne voyons pas ce qu'il pourraiit faire; car-, quelque toute rel^ion soit xoi enseignement, flous avons &ît voir que la vraie religion ne saurait ètr&sfurplenïenl un enseignement; Dieu ne peuit done enseigner l'homme qu^eft punissant ou en pardonnant.

[ Mais c^est en pardonnant; il en doit être ^nsr, car punir c'est détruire : de même que la ekute est une mort» la punition est une destruction. Defns» la pimitifdn î) n^^y a pas d'enseignement; détruvre n'est pas instruire. Noos pouvons «ppKquer à la mort spirituels ce que dit le psal* miste : «La poudre te célébrera-H-elleTAnnoneera-t-elle < ta fidéfiM'Chms le tombeau? » (Psaume XXX, 40.) et ce que dit Ésaîe : « Le sépulcre ne te célébrera point; m«s « celui quF vit te célébrera comme je le fais aiyjourd'hui. d (Ésiue, XXXym, 48, 49.) Il faut donc que Dieu ait renoncé à punir, qu'il ait pardonné : « La grâce de Dieu a été m»a nifestée, et elle nous enseigne à vivre dans la tempérance, « dans la justice et dans la piété. » (Tite, II, 41, iS.) Une grâce qui enseigne/ La parole de Dieu peut seule parler ainsi.

[Enseigner n'est pas seulemeni traa&m/ettre une véiité

348 CHRIST c'est U. RELIGION^

de l'esprit à Tesprit; enseigner signifie non -seulement donner la forme et l'expression, mais aussi communiquer la substance de la vérité. L'Écriture désigne de même par le mot connaître, outre la connaissance des mots, des signes et des notions, la connaissance de ce qu'il y a de plus substantiel dans la vérité même. Si la valeur du mot enseigner (1) doit correspondre à celle du mot connaître, il sera vrai que cette grâce qui enseigne peut seule enseigner. Rappelons-nous, en outre, que ce que Dieu se propose en nous enseignant, c'est de c( créer a en nous un cœur net, et de renouveler en nous un esa prit droit, » (Psaume LI, 12.) et nous comprendrons le rapport qu'il y a entre l'enseignement qu'il nous donne et le pardon qui touche le cœur et qui l'ouvre à la vérité.

[Dieu peut-il pardonner purement et simplement, c'est-à-dire peut-il dire à quelqu'un : « Je considère le mal que tu m'as fait comme nul et non avenu; je l'oublie en mon cœur si ce n'est en mon esprit, et nos rapports seront les mêmes qu'auparavant? » Il y a dans le pardon véritable, même dans celui de l'homme, plus qu'une simple parole, plus que l'abolition d'une dette ; ce n'est là que l'élément négatif du fait. Tout pardon est un don, un sacrifice; qui pardonne donne, se donne.

[Cela peut même se dire, jusqu'à un certain point, du pardon de l'homme à l'homme. L'homme, qui pourrait ne point pardonner, renonce, s'il pardonne, à une satrsfaction mauvaise sans doute, mais cependant à une satisfaction. Il pourrait s'accorder, le plaisir détestable de la vengeance; s'il ne se l'accorde pas, il y a de sa part sacrifice. Mais nous n'avons ici qu'une image de la vérité; nous sommes dans le symbole : l'homme ne peut pas pardon- Ci) t Parfaitement instruire. ■ {^ Timothée, UI, 10^)

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