‹ Nouvelles études évangéliquesChapitre 31 sur 36 · FAA SA PRÉSENCE · texte numérisé non relu

FAA SA PRÉSENCE

lorsqu'elle ne devient pas croyance à sa présence réelle, est vaine.

[Jésus -Christ a été longtemps avec nous, de même qu'avec Philippe, et si ce fut assez pour rendre Philippe inexcusable, nous le sommes comme lui et plus que lui. Philippe a eu sur nous l'avantage de voir Jésus-Christ des yeux de sa chair; mais cet avantage n'est pas aussi grand qu'il le peut paraître au premier abord. Nous le réduirons à sa juste valeur si nous réfléchissons que le corps de Jésus-Christ n'a été que le symbole de sa présence et l'intermédiaire de sa manifestation. L'avantage d'avoir vu Jésus-Christ en la chair est d'ailleurs plus que compensé pour nous par plusieurs circonstances.

[ i . Jésus-Christ est avec nous dans les récits de l'Évangile, où ses actions et ses paroles nous sont rapportées. Nous sommes dans la même situation que les Galates auxquels saint Paul écrivait : « Vous aux yeux de qui Jésus- « Christ a été si vivement dépeint et comme s'il eût été « crucifié parmi vous ! » (Galates, III, i.)

[â. Jésus-Christ est avec nous dans sa passion et dans sa résurrection que Philippe n'avait point vues quand le reproche du Seigneur lui fut adressé; et le reproche eût été bien plus grave s'il avait été fait après ces grands événements.

[ 3. Jésus-Christ a été avec nous plus longtemps qu'avec Philippe par l'accomplissement de celles de ses prophéties qui n'ont été accomplies que depuis les jours de son ministère, accomplissement auquel on peut dire qu'il est présent.

[ 4. n est avec nous dans son Église qui le continue et le développe. L'Église, qui n'a commencé d'exister qu'après sa mort, c'est Jésus-Christ en corps, multiplié, déployé, perpétué sur la terre, et ce que les disciples immé-

diats de Jésus-Christ n'ont pu voir lorsqu'il était en chair ici-bas, nous le voyons spirituellement dans TËglise. Nous ne parlons que de TÉglise véritable, de TËglise spirituelle, composée des vrais enfants de Dieu, et nous ne la considérons pas seulement dans sa gloire, mais aussi et surtout dans ses douleurs, qui sont comme le complément des souffrances de Christ, (Col. I, 24.) et dans ses plaies, à l'aspect desquelles nous pouvons nous écrier comme Thomas : a Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jean, XX, 280

[ Si, après cela, la croyance nous manque, quelle en est la raison ? Si nous n'avons pas vu Jésus-Christ, si nous ne l'avons pas connu, c'est que tandis que Jésus-Christ a été avec nous, nous n'avons pas été avec lui, et c'est sans doute aussi ce qui avait rendu sa présence inutile à Philippe. Être avec lui, c'est s'unir à lui, c'est l'aimer; or il faut l'aimer pour le connaître. Ici sont renversées les idées les plus répandues. On dit communément : connaître est le moyen d'aimer; cela est vrai, mais il est plus vrai encore qu'il faut aimer pour connaître : c( Celui qui aime « Dieu, Dieu est connu de lui. » (1 Jean, IV, 7.) Pourquoi donc ne connaissons-nous pas Jésus-Christ? Pourquoi sa divinité n'éclate-t-elle pas à nos yeux? parce que nous n'aimons pas Jésus-Christ et que nous ne cultivons pas sa présence. Cultiver sa présence, c'est le moyen de le connaître comme homme, mais aussi comme Dieu. En comparaison de ce moyen , tous ceux qu'on peut tirer de la science, de la logique et de l'histoire sont peu de chose. Ils sont préalables et ils établissent la doctrine dans l'Église ; mais pour l'individu, si c'est tout, ce n'est rien encore. Nous croyons connaître la divinité de Jésus-Christ, nous la défendons avec chaleur, avec emportement peut-être; nous l'enseignons,. nous la prouvons; mais, après tout cela, nous pouvons ne pas la connaître et avoir oublié le seul

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point nécessaire : cultiver la présence de Jésus-Cihrist, être avec lui comme il est avec nous.

[Si donc la croyance intime en Jésus-Cïhristy comme Dieu, est le seul gage de notre paix; si tout le christianisme intérieur et extérieur repose là-dessus; si, la divinité de Jésus-Christ étant niée , il n'y a plus que ténèbres dans le christianisme et dans la vie ; si nous mettons à haut prix cette croyance; si la joie, la lumière, la vie consistent à connaître que Dieu est avec nous, il but cultiver la présence de Jésus-Cihrist.

[Cultivez cette présence par la remembrance habituelle de sa vie, de ses enseignements et de sa mort, par Tétude assidue de tous les souvenirs qui nous ont été conservés et qui continuent pour nous les jours de sa vie mortelle et de son ministère.

[ Cultivez-la par la prière.. Proximité plus intime que le souvenir et seule présence réelle, tantôt la prière nous foit aller à Jésus-Christ, tantôt elle lefait descendre vers nous. Elle crée avec lui des relations plus étroites et plus salutaires que la demeure avec lui, durant son séjour sur la terre, ne pouvait le faire. Celui qui prie est plus voisin de Jésus-Christ que ne Tétaient les apôtres; et si nous prions, Philippe était plus éloigné de son maître que nous ne le sommes après dix-huit siècles.

[ Cultivez surtout la présence de Jésu»Christ par Timitation; marchez sur ses traces, vivez comme il a vécu. et Si quelqu'un, disait-il, veut faire la volonté de Dieu, il « reconnidtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de a mon chef. » (Jean, YII, 17.) L'imitation de Jésus-Christ nous fait seule pénétrer dans le secret de sa pensée et de son cœur; sans son imitation, Jésus-Christ reste toujours pour nous une énigme. La prière même, sans l'imitation, ne nous unirait pas à Dieu, a Le secret de l'Étemel est

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