LE PÈRE GLORIFIE PAR L^OBÉISSANGE DU FILS
Je t* ai glorifié sur la terre ;f ai achevé V œuvre que tu m* avais
donnée à faire. Jean, XVll, 4.
[Le Dieu éternel a habite une lumière ina:ccessible que a nul homme n'a vue ni ne peut voir. » (1 Tim., VI, 16.) Lumière de béatitude et de gloire, elle est inaccessible à tout ce qui n'est pas gloire et béatitude. De même que la félicité du Dieu bienheureux est éternellement hors d'atteinte, ainsi en est-il de sa gloire, qui est une autre partie de cette lumière. Dieu est rempli de gloire en lui-même. * [ Il n'en est pas de sa gloire comme de la nôtre. Notre gloire est, pour ainsi dire, dans l'oreille, dans le regard et dans la bouche des hommes; la sienne dépend de luimême et de lui seul. Quoi que fassent les créatures, quelque forme qu'elles impriment au monde, quelque désordre qu'elles y introduisent par l'abus de leur liberté, la gloire de Dieu n'en peut souffrir aucune diminution; car il n'a pas besoin d'un autre regard que le sien. Quand il se contemple, il se retrouve éternellement le même. Il n'a que faire de nos applaudissements; il s'applaudit à lui-même, et le mot qu'il prononça aux jours de la création est éternellement dans sa pensée : « Ce que j'ai fait est très bon. x> (Genèse, I, 31.)
[ Toutefois le mot de gloire, appliqué à Dieu, a certainement plus d'un sens. Outre la gloire qui est en lui et qui ne dépend que de lui, il y a une gloire hors de lui; et si Tune est inviolable, toujours entière, toujours égale à elle-même, l'autre n'est pas dans les mêmes conditions.