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tain souvenir de cette grande lumière se retrouverait peutêtre et ferait rêver la créature intelligente. Mais le miroir n'en serait pas moins brisé; la gloire de Dieu n'^i serait pas moins obscurcie et son nom profané.
Dieu s*y prend autrement : il refait le miroir, c'est-àdire rhomme. Après avoir fait Thomme, lors de la création, Dieu se reposa; maintenant il ne se repose plus; il sort au contraire de son repos; il fait Thomme une seconde fois; une seconde fois il dit : ce Faisons Thomme à « notre image et à notre ressemblance. x> (Genèse, I, 26.) Mais quoi! sera-ce avec les éléments humains, avec ces éléments irrévocablement altérés? n n'y faut pas songer. Il ne s'agit pas d'une réparation; l'édifice est renversé, il &ut le reconstruire, il &ut créer; Dieu s'y résout. Les éléments humains ne sont plus propres à cette œuvre, et cependant Dieu ne veut pas perdre l'humanité. Il a pitié, et toutefois il ne peut refaire l'humanité au moyen de l'humanité. C'est alors que le Fils étemel revêt notre nature. Il dit au Père : a Tu ne prends point plaisir au sacrifice a ni au gâteau; mais tu m'as percé les oreilles, » (en d'autres mots, moi ton égal, qui procède éternellement de toi, tu m'as placé dans la dépendance comme les autres créatures); « et moi j'ai dit : Me voici, je suis venu, il est a écrit de moi dans le volume du livre. Mon Dieu, j'ai pris a plaisir à faire ta volonté, et ta loi est au dedans de mes « entrailles. » (Psaume XL, 7-9.)
[Dès lors voici un second Adam, mais un Adam qai obéit, mais un Adam surtout qui, exerçant en sens inverse du premier la mystérieuse loi de solidarité que le premier avait exercée, absorbe en lui, en lui seul, la peine qu'un seul avait fait déborder sur tous. Un mystère n'explique pas un autre mystère; mais un mystère accepté en doit faire accepter un autre. Nous acceptons, vaincus par l'évi-
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dence du fait, la solidarité en vertu de laquelle le péché d'un seul a passé sur tous : ayant accepté le mystère de la condamnation, pourquoi n'accepterions - nous pas le mystère de grâce, le fait que la vertu d'un seul a passé, a débordé sur tous? Ce torrent qui découlait d'Adam et qui submergeait la terre entière, Jésus-Christ le détourne, l'attire et l'absorbe. La mort est engloutie en victoire; le péché et la mort sont engloutis en victoire.
[ C'est à cette mystérieuse vérité que l'auteur de l'Épître aux Hébreux fait deux fois allusion. D'abord il déclare « qu'il était convenable, » c'est-à-dire qu'il était absolu* ment nécessaire, m que l'auteur de notre salut fût consacré <r par les souffrances; » (Hébreux, H, 10.) qu'il fût consacré, c'est-à-dire accrédité; qu'il reçût la sanction de son œuvre et portât les souffrances que nous- devions porter. Sans cela il n'était pas l'homme, le représentant de l'homme. Représentez-vous Jésus-Christ avec toute l'obéissance, sans la souffrance : il n'est pas le second Adam. (1 Cor. XV, 45.) La source de la seconde humanité doit partir de la souffrance, comme le chef de la première est parti de la félicité. Jésus-Christ doit prendre son point de départ de notre terme. Il nous prend où nous sommes; il prend l'œuvre où il la trouve; il prend la souffrance : c'est à ce prix qu'il est consacré comme l'auteur de notre salut, et c'est même là une partie de son obéissance. Le premier Adam n'avait pas à souffrir; l'action et l'abstention n'étaient liées pour lui à aucune souffrance. Pour Jésus-Christ, la souffrance est un élément de l'obéissance; elle était comprise dans son obéissance. Et ce qui le prouve, c'est cette parole : a Quoiqu'il fût Fils, il a appris l'obéissance a par les choses qu'il a souffertes. » (Hébreux, V, 8.) L'obéissance et la souffrance, dans le second Adam, sont essentielles l'une à l'autre.
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[ C^esi à ce prix donc, à la condition de souffrir tout ce que rame humaine est capable de souffrir, que Jésus a pu dire : « Je t'ai glorifié sur la terre; j^ai achevé Pœuvre que a tu m'avais donnée à faire. » Jésus-Christ n'a pas pris seulement notre corps, notre chair, mais notre nature; il a dû être complètement homme pour souffrir.
[ Au moment où Jésus - Christ disait : « J'ai achevé « l'œuvre, » sa passion, sa résurrection n'avaient pas encore eu lieu. Avait-il achevé? Oh! oui, virtuellement il avait achevé l'œuvre que le Père lui avait donnée à faire. Sa passion avait commencé dans la crèche, et la croix n'était que la couronne de son humiliation, le sommet de la montagne qu'il devait gravir. D'ailleurs, n'avait-il pas résolu en lui-même de mourir? Il avait dit : «C'est pour « cette heure même que je suis venu. » (Jean, XII, 27.)
[ Quoi qu'il en soit, dès cet instant \A nouveau centre, un nouveau chef est donné à l'humanité. Elle jaillit d'une nouvelle source, Jésus-Christ, Dieu et homme, le Fils de Dieu devenu Fils de l'homme. L'humanité manquait d'un point de départ; elle était comme un vaisseau arrêté sur le rivage où il a échoué. Un flot propice, un flot formé du sang de Jésus-Christ, vient s'enfler sous le navire, le soulève et le reporte en pleine mer. Dès lors l'humanité rentre dans l'harmonie universelle; elle n'est plus un faux ton déchirant dans le concert des créatures. Virtuellement, tous les membres de l'humanité sont réconciliés et sauvés, et la gloire de Dieu éclate de nouveau dans sa pureté : virtuellement; disons-nous, et dans l'intention de Dieu; car les conditions du salut sont offertes à tous, Jésus-Christ est l'ancêtre de tous, et nous revivons tous en Christ comme nous sommes tous morts en Adam. (1 Cor. XY, 22.) . [ La gloire de Dieu éclate, et quoique tous n'acceptent pas ce nouveau contrat, cette nouvelle alliance, le miroir