‹ Nouvelles études morales sur le temps présentChapitre 20 sur 36 · vol., p · texte numérisé non relu

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se détachant qu'à regret de ce tumulte et de cette arène, où il combat en idée, quand il n'y descend pas en armes. Quant au christianisme spirituel, celui qui se préoccupe moins de régler les destinées des empires que de toucher les ressorts délicats et secrets de Tâme pour la porter à la perfection religieuse, cette sollicitude mystique semble tout à fait étrangère à l'auteur de la Correspondance, On ne se douterait guère que l'on a affaire au traducteur du Guide spirituel de Louis de Blois, et de Vlmitation de Jésus- Christ.

La politique seule lui met la plume à la main, et le jette dans ces entretiens épistolaires, qui ne sont guère que des jugements improvisés avec une fiévreuse ironie sur les choses publiques. C'est tout son temps, vu à travers les illusions d'un pessimisme injurieux et désolé.

S'il n'y a pas de nuance dans ces lettres selon les personnes auxquelles elles sont écrites, il n'y en a pas davantage selon les événements ou les personnages que le hasard de la politique jette sous la prise de cet implacable juge. La France paraît livrée à l'imbécillité, à la folie, au charlatanisme. Le système représentatif est bafoué ; ce n'est qu'une grande parade; le gallicanisme n'est que le représentatif dans l'Église. A la date de 1825, Chateaubriand et les Débats sont traités avec un mépris furieux.

Les trois pouvoirs de l'État semblent être une émanation de la Force, de Sainte-Pélagie , de Charenr ton. H. Frayssinous, en sa double qualité de prélat et de ministre, porte tous les coups. C'est le persécuteur de rÉglise. 11 tombe malade. Voici le cri de M. de Lamennais : « On ne croit pas que désormais il puisse aller loin ; quel compte terrible il aura à rendre * / » Tous ses adversaires sont des possédéSj rien que cela. M. de Vatimesnil lui-même a faim et soif de persécutions : c'est sur TÉglise qu'il assouvit sa rage. Les ministres ont invariablement les passions féroces : « C'est en grand le chariot de Thespis, avec cette différence que les acteurs aspirent au moment où, au lieu de lie de vin, ils pourront se barbouiller de sang ^. » C'est rhallucination du crime. Il finit par voir partout TEnfer déchaîné.

Les plus sinistres prédictions accompagnent toutes ces tirades comme un refrain lugubre. Nonseulement il annonce à chaque page la chute prochaine des Bourbons devenus (qui le croirait?) les bourreaux de l'Église ; mais c'est la France ellemême, c'est la société tout entière qui va sombrer 1 Nous touchons à des catastrophes. Le monde s'en va, les trônes chancellent dans la boue, glissent dans le sang. Le schisme va éclater (Lamen-

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