W2 NOUVELLES ÉTUDES MORALES
qu6 Tefifoii au moins ne soit pas tenté, pour qu'il n'y aii pas comme une conspiratiofli d'honoêtes gens pour rafTenuir la rsûson publique et défendre les principetSL C'est quand Le ressort de la vie momàê est aSiaiUi dans les âmes, que la tentation ^ la mort se pi?opage. Les transfuges de la vie ne sont^ils pas, avant tout« des déserteurs du devoir ?
La plsois sâre gar^atie contre la folie du suicide, on t'a dit mille fois, c'est la fermeté des croyances religieuses. Il est bien rare que la tentation du suicide triomphe des révoltes de la conscience, épouvantée par les défenses de l'Église et par l'idée du jugement qu'elle va subir.
Mais dajis une société si mêlée, divisée par des Cfoyimces et des doctrines si contraires', la raison laïque elle-même ne peut-elle rien contre un si grand mal ? Elle n'a sans doute pas la même autorité pour se faire obéir. Elle n'est pas impuissante pourLaiît, loin de làl Qu'elle soit infatigable à lutter contre les entraînements d'une civilisation excessive, déréglée, impatiente de bien-être, folle de jouissances et d'argent. Qu'elle soit infetîgable à recommander aux âmes l'hygiène salutaire des sentiments justes, calmes et sains, de l'activité raisonnable, du travail réglé, des désirs modérés. Qu'elle propage et défende le culte de la famille, qui est encore un des meilleurs abris
pour la moralité de Thomme, un des asiles les plus sûrs où sa dignité blessée se recueille, où son amour-propre humilié se console, où son ambition déçue se repose dans la paix solide des affections vraies. Qu'elle châtie par le ridicule ces oisivetés superbes qui promènent par le monde leurs mélancolies aristocratiques, dédaignant toute profession, méprisant tous les petits devoirs qui forment rhumble trame de la vie, et consacrant leur éternel loisir à des déclamations contre les travers de ce monde dont ils ne veulent pas faire partie. Et surtout qu'elle combatte tous ces paradoxes malsains qui circulent dans les romans et les drames d'une certaine école ; qu'elle montre ce qu'il y a de vulgaire et d'insensé dans les anathèines contre cette prétendue fatalité qui pèserait sur l'homme de cœur et l'empêcherait d'accomplir son œuvre ; qu'elle fortifie dans les âmes la sainte conviction de la liberté ; qu'elle retrempe vigoureusement ce ressort de la vie, détendu et affaibli par des philosophies déclamatoires; enfin qu'elle s'efforce d'associer l'idée du crime à celle du suicide dans la conscience de Thumanité, si profondément ébranlée par les sophismes contemporains, quand elle ne l'est pas par la douleur et la passion, les plus dangereux des sophistes.