PRÉFACE XVII
son sang-froid en présence des opinions à la mode, quand elles inquiètent sa conscience ou exaspèrent sa raison.
M. Franck, — faut-il l'en féliciter ou lui en faire un reproche? — n'a pas subi l'influence magique de Renan. Même sur des sujets qu'ils ont abordés tous deux, nul point de comparaison, nulle visible communion d'idées. Ils se sont tenus comme à l'écart l'un de l'autre, pour des raisons très diverses, d'origine, de tempérament, de première éducation religieuse et philosophique. Ce n'est pas que M. Franck eût peur de certaines hardiesses: il a accepté avec une grande liberté de vue les dernières conclusions relatives à l'authenticité, à la valeur historique ou théologique des livres saints; il n'a reculé devant aucune des conséquences de l'étude plus minutieuse, plus rigoureuse des textes; il n'a eu qu'un souci, c'est de préserver la tradition monothéiste, dont il fait honneur non pas à tous les sémites, — erreur déjà relevée par Munk, — mais aux seuls Hébreux et à la loi Mosaïque. Il n'est pas superflu d'insister sur ce point que le fait môme d'être Israélite, d'avoir eu communication et commerce domestique, soit avec l'Ancien Testament, soit avec la