XVIII PREFACE
littérature rabbinique, contribue à expliquer un déisme si solide. Mendelssotin, en Allemagne, au siècle dernier, avait présenté un cas pareil. D'ailleurs, ni pour le philosophe allemand, ni pour M. Franck, les origines judaïques et une certaine fidélité à la tradition n'étaient de nature à entraver l'indépendance des idées philosophiques. Aucun culte, on le sait, si on le dépouille d'un certain nombre de pratiques matérielles, dont l'oubli ou même l'abandon ne suffit pas pour rompre les liens confessionnels et exclure de la synagogue, n'est plus proche du déisme pur, plus exempt de conceptions étroitement théologiques, plus apte à la transformation philosophique. Cependant, à côté ou au-dessous de cette idée rationnelle de Dieu, dont M. Franck s'était fait le défenseur, et qu'il regardait comme l'unique solution possible au problème de la destinée humaine, il admettait volontiers, à titre de concession propre à pacifier les peuples, que chacun ajoutât « l'essentiel de la religion où il était né » ; à ses yeux c'était « un complément utile, presque nécessaire », aux âmes non encore suffisamment libérées pour se contenter de la seule idée de Dieu. Il avait donc quelque indulgence pour les