XX PRÉFACE
il lui plaisait de trouver môme dans un culte positif des reflets de la vérité universelle. C'est là un « état d'âme » ([ui n'est pas rare dans notre temps, et que M. Franck n'eût pas vu se développer sans une curiosité sympathique. Il n'eût pas été surpris du mouvement, mal défini encore, qui pousse ou ramène aujourd'hui un certain nombre d'âmes généreuses, un peu faibles, même un peu naïves, effrayées du scepticisme et de ce qu'elles appellent les échecs de la philosophie pure (on a dit la faillite de la science, ce qui est plus grave et non moins injuste), vers une religiosité vague, douce, également apparentée à la raison et à la foi, qui toutes deux s'en accommodent provisoirement. Ce genre de mysticisme est actuellement la ressource dernière, le remède réservé d'un pseudorationalisme incomplètement satisfait. C'est comme une porte dérobée qu'on se ménage sur l'invisible et sur rinconnaissable; ou plutôt une soupape de sûreté qui doit garantir des explosions mortelles de la raison, inconsidérément surchauffée.
Il y a longtemps que la philosophie et la foi se trouvent en présence de deux sortes d'esprits et de penseurs : les uns surtout frappés des forces inconscientes et des fatalités de la nature, de