PRÉFACE XXI
rimpassibilité apparente, des inéluctables brutalités du grand tout, qui accable notre faiblesse, de l'impuissance de la volonté à conjurer les mêlées furieuses d'une humanité qui se cherche, qui s'ignore, au sein d'une société qu'on serait tenté de trouver plus haïssable à l'état civilisé qu'à l'état barbare. Ceux-là, par une conclusion logique, aboutissent à l'autonomie de la matière, à la négation, à la suppression de l'ordonnateur suprême. Les autres, frappés, au contraire, par l'enchaînement des choses, plus sensibles à l'ordre qu'au désordre, ravis par la beauté des idées de justice et de droit, résignés, d'ailleurs, à ne pas tout savoir et à ne pas tout expliquer, mais convaincus que cette incapacité de comprendre est la condition même de notre destinée, concluent à la réalité de J'dme incorporelle, à Texistence et à la providence de Dieu. On sait de quel côté se rangeait M. Franck.
A une époque où des intelligences très ouvertes s'accommodent trop aisément de tout, acceptent tout, excusent tout; où une indifférence raffinée, ironique et ultra-tolérante ne se donne môme plus la peine de s'intéresser à la vérité ou de malmener l'erreur, dans ce qu'elles ont, l'une ou