‹ Nouvelles études orientalesChapitre 41 sur 99 · Traité des Berakholh, p. 31 ; Proverbes^ ch. xii, v · texte numérisé non relu

Traité des Berakholh, p. 31 ; Proverbes^ ch. xii, v

TRAITÉ DES UERAKHOTII 83

Puisque nous venons de prononcer le nom de David, citons encore cette poétique tradition d'après laquelle le roi prophète aurait fait suspendre chaque nuit, sous ses fenêtres une harpe éolienne. Aux premiers sons que le vent du nord faisait sortir de cet instrument, il se réveillait, et, comme piqué d'émulation, il chantait à la gloire de TÉternel une de ces hymnes enflammées que nous répétons après lui.

Les docteurs du Talmud ne donnent pas un rang moins élevé à la science qu'à la justice, parce qu'ils supposent que, pour faire le bien, il faut le connaître, et que, le connaissant, il est impossible de ne pas le faire. On agitait un jour, dans une des écoles les plus renommées, la question de savoir à laquelle des deux il fallait donner la préférence, à la science ou à Faction. Rabbi Tarphon, peut-être le même personnage que, sous le nom de Tryphon, nous voyons mis en scène dans un des écrits de saint Justin le martyr; Rabbi Tarphon se déclarait pour l'action, Akiba pour la science. Tous finirent par reconnaître que le premier rang appartenait à la science, parce que la science conduit à l'action. Ce principe, ils l'appliquaient à la religion comme à la

morale, à la piété comme à la justice. « Un ignorant, disaient-ils, ne saurait être pieux. » Aussi plaçaient-ils la science môme au-dessus de la prophétie, et ils pensaient qu'une des principales causes de la destruction de Jérusalem, c'est qu'on avait négligé l'instruction de la jeunesse. L'école, d'après une autre de leurs maximes, ne doit être fermée pour aucun motif, fûl-co même pour rebâtir le temple de Jérusalem, et du souflQe des enfants qui récitent leur leçon dépend le salut du monde*.

Ces idées, fréquemment exprimées dans la Mischna aussi bien que dans le Talmud, se retrouvent dans le Traité des bénédiclions sous une forme particulière. Deux docteurs entraient un jour dans un cimetière à la suite d'un convoi funèbre. L'un deux, en s'appuyant sur ce verset de V Ecclésiaste : « Les vivants savent qu'ils mourront, les morts ne savent rien-, » ayant soutenu que les morts étaient absolument privés de connaissauce, son compagnon lui répondit : « Tu sais bien lire l'Écriture, mais non Tinlerpréter. Les vivants qui savent qu'ils mourront, ce sont les

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