‹ Nouvelles études orientalesChapitre 52 sur 99 · Deutéronome, cb. xxii, v · texte numérisé non relu

Deutéronome, cb. xxii, v

vente devait être remis au propriétaire dès que celui ci se faisait connaître.

On répète souvent que tous les devoirs, soit de charité, soit de justice, que la Bible et le Talmud prescrivent aux Israélites ne sont obligatoires qu'envers leurs compatriotes et coreligionnaires. C'est une grave erreur. D'après un texte talmudique cité par M. Rabbinowicz, un Israélite est tenu, quand la vérité l'exige, de déposer contre un Israélite en faveur d'un païen, devant un tribunal païen. D'un autre côté, le témoignage d'un païen est reçu contre un Israélite devant un tribunal israélite. Il est impossible de pousser plus loin l'impartialité et de se faire une idée plus haute de la conscience des témoins et de celle des juges. Dans un autre passage on va jusqu'à soutenir qu'un Israélite est plus coupable quand il fait tort à un païen que lorsqu'il fait tort à un de ses coreligionnaires, car, dans le premier cas, il aggrave sa faute en compromettant l'honneur de sa croyance, ou, selon l'expression originale, en profanant le nom de Dieu (Khiloul haschem).

Mais de toutes les règles de droit civil conlenues dans le Talmud, il n'y en a pas qui soit moins connue et qui soit plus digne de l'être que celle

qui concerne l'usure, ou, pour parler plus exactement le prêt à intérêt, aucune différence n'étant admise, à cette époque et dans ce milieu, entre l'intérêt légal et l'intérêt usuraire. Pour comprendre la loi talmudique, il est nécessaire de remonter à celle du Pentateuque.

Il y a dans le Pentateuque trois passages qui renferment l'interdiction absolue ou restreinte du prêt à intérêt. On lit dans l'Exode': « Si tu prêtes de l'argent à quelqu'un de mon peuple, à un pauvre qui demeure avec toi, tu ne te comporteras pas avec lui comme un exacteur, tu ne lui imposeras pas d'intérêt». Le Lévitique* tient à peu près le même langage en lui donnant plus d'extension : « Si ton frère décline, et que sa main fléchisse, soutiens-le. Que l'étranger et le domicilié vivent aussi avec toi. Ne prends pas de lui d'intérêt ni de surcroît; crains ton Dieu et que ton frère vive avec toi. » Enfin, le Deutéronome, en reproduisant la même prohibition d'une manière encore plus impérative s'il est possible, la limite aux Hébreux et en exclut l'étranger; non pas l'étranger mêlé aux habitants du pays (gherjr

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